Sylla Vazoumana est porte-parole de la Coordination des syndicats du secteur santé de Côte d’Ivoire (COORDISANTE). Il est également délégué de la dernière mandature de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire (MUGEFCI) et conseiller du président du conseil d’administration (PCA) sortant.
Le premier corps en Côte d’Ivoire en termes d’effectif, ce sont les enseignants. Le personnel soignant vient en seconde position. Tout comme le font les enseignants, pouvez-vous influencer une élection de la MUGEFCI ?
Il est vrai que les enseignants peuvent faire basculer une élection à la MUGEFCI. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce sont les plus mobilisés. Le 18 avril prochain, par exemple, quelles que soient leurs activités, ils iront voter. Hélas, ce n’est pas toujours le cas avec le personnel soignant. Pourtant, nous sommes les premiers acteurs de ce système. C’est nous qui soignons. C’est nous qui délivrons les ordonnances. Nous sommes les acteurs clés du dispositif de la MUGEFCI. Il faut donc que nous puissions nous-mêmes nous approprier cet outil social. Pour moi, nous pouvons faire basculer une élection au niveau de la MUGEFCI. Il suffit simplement que nous prenions conscience de cela. Le personnel soignant est de plus en plus nombreux en Côte d’Ivoire. Près de 600 médecins sont recrutés par an et environ 8000 personnels soignant à l’INFAS. Mais, l’essentiel, c’est d’être avec une équipe qui puisse faire le bonheur des mutualistes.
Et quelle est cette équipe ?
C’est la liste Solidarité-Santé, dirigée par le PCA sortant, Paul Gnogbo. En termes de santé, on ne parle pas d’un secteur de santé contre un autre secteur d’activité. On parle plutôt de qui peut faire le bonheur des mutualistes.
Que répondez-vous à ceux qui disent qu’il faut laisser la MUGEFCI aux spécialistes ?
La COORDISANTE a assez d’agent de santé et beaucoup nous soutiennent. Le vice-PCA sortant, par exemple, est médecin et directeur d’hôpital. Je ne vois pas qui peut mieux représenter le secteur de la santé que nous. On ne peut pas dire que la liste Solidarité-Santé ne comporte pas suffisamment d’agents de santé. Nous sommes assez représentés. Nous sommes partie-prenante du bilan très positif du PCA sortant. C’est pourquoi nous appelons nos camarades à sortir massivement le 18 avril, pour aller voter la liste Solidarité-Santé.
Certains indique que la MUGEFCI est devenu un outil de division et appellent à l’union sacrée. N’ont-ils pas raisons ?
L’union sacrée est une bonne chose. La MUGEFCI a toujours été dirigée par des responsables syndicaux. Depuis 2013, les élections sont organisées de sorte à ce que ce soient les mutualistes qui dirigent la mutuelle, avec l’application des textes de l’UEMOA. Malheureusement, on constate que pendant l’année électorale de la MUGEFCI, il y a une tension syndicale qui ne dit pas son nom. C’est à ce moment que certains veulent faire croire que ce sont eux qui défendent les intérêts des travailleurs plus que les autres, dans le but de prendre les rênes de la MUGEFCI. Tout cela met à mal notre instrument de protection sociale. Je crois donc qu’au lieu de se conduire de la sorte, il faut s’unir pour diriger notre mutuelle. Parce qu’à ce rythme, nous risquons d’inviter l’Etat à notre débat. Mettons balle à terre. Personne n’a intérêt à ce que l’Etat puisse reprendre la MUGEFCI. Nous tous, nous nous connaissons. Les alliances se font et se défont.
Avez-vous des adversaires en face ?
Oui, nous avons des adversaires en face… dans certaines régions. Il y a 31 régions et deux districts. Bien entendu, nous savons que dans le district d’Abidjan, notre liste est la seule en lice.
Entretien réalisé par Raphaël Tanoh