Pourquoi la Côte d’Ivoire ne parvient pas à passer devant des pays comme le Sénégal et le Maroc dans le classement des meilleures universités francophones d’Afrique ? Selon Dr Frédéric Mobio, secrétaire général exécutif du Mouvement pour la recherche et l’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire (MORECI), ce n’est pas un problème d’infrastructures, mais de visibilité. Le recrutement de 200 à 300 enseignants pour pallier la pénurie de profs, dit-il, a est bon début. « Les chevauchements d’années ont cessé. Le problème des heures complémentaires est aujourd’hui derrière nous. Nous n’avons plus affaires aux amphithéâtres surchauffés. Mais cela ne suffit pas. Il y a trois ou quatre ans en arrière, l’université de Bamako est même passé devant la Côte d’Ivoire dans le classement des meilleures universités francophone d’Afrique.
Nous nous souvenons comment cela a mis en colère le ministre de l’Enseignement supérieur », a souligné ce mardi Dr Frédéric Mobio à nordsud.info. À l’entendre, l’un des points majeurs qui permettra de faire monter la note des universités ivoiriennes, c’est la publication d’articles dans les meilleures revues.
« Nous ne le faisons pas, alors que c’est ce qui permet la visibilité des enseignants et donc des universités. Le Sénégal, le Maroc le font », a fait savoir l’enseignant. Pour cela, d’après lui, l’État doit prévoir les primes de publications qui tournent autour de 500 000 FCFA.
À côté de cela, les enseignants insistent sur la construction de bureaux. « Difficile de suivre les étudiants, sans bureau. Nous ne pouvons pas les recevoir dans nos voitures ou dans un maquis. Les enseignants ont besoin de bureau pour être plus efficaces », termine Dr Mobio.
Georges Dagou
