Ancien secrétaire général du PDCI : Djédjé Mady s’est éteint ce dimanche

par nordsud.info
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L’ancien secrétaire général du PDCI et ancien président du conseil régional du Haut-Sassandra, Alphonse Djédjé Mady, est décédé dimanche 23 août à l’âge de 81 ans. Avec lui disparaît l’un des derniers grands témoins de plusieurs décennies de la vie politique ivoirienne.

La Côte d’Ivoire et surtout le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) perdent, sans doute, l’une de ses figures politiques les plus expérimentées. Alphonse Djédjé Mady est décédé ce dimanche 23 août 2026, à l’âge de 81 ans. Ancien secrétaire général emblématique du PDCI, médecin, professeur d’université et parlementaire pendant plus de quatre décennies, Djédjé Mady aura traversé les principales séquences de la vie politique ivoirienne contemporaine, de la fin du règne de Félix Houphouët-Boigny aux recompositions actuelles de son parti.

Sa disparition intervient trois ans après celle d’Henri Konan Bédié, dont il fut l’un des plus proches collaborateurs pendant une dizaine d’années. Elle survient également après la disparition de plusieurs autres figures historiques du PDCI, notamment le général Gaston Ouassénan Koné, en août 2023, Léopoldine Tiézan Coffie, en février 2026, et Émile Constant Bombet, en juillet dernier.

Né le 1er janvier 1945 à Gazéhio, dans le Haut-Sassandra, Alphonse Djédjé Mady s’était d’abord destiné à la médecine. Mais la politique s’impose très tôt dans son parcours. Dès 1965, il prend la tête de la sous-section de l’Union nationale des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (UNEECI) à Daloa, avant de diriger au niveau national le Mouvement des étudiants et élèves de Côte d’Ivoire (MEECI). Une ascension qui le rapproche rapidement des cercles dirigeants du pays.

À seulement 35 ans, il incarne alors cette nouvelle génération de cadres sur laquelle Houphouët-Boigny entend s’appuyer pour assurer la relève. En 1980, lors du 7e congrès du PDCI, c’est à lui que revient la charge de prononcer le discours de clôture.

Un an plus tard, il entre au gouvernement. Il conservera pendant huit ans le portefeuille de la Santé publique, participant aux premières grandes réformes du secteur et à la modernisation des infrastructures hospitalières.

Parallèlement à ses responsabilités nationales, Djédjé Mady construit patiemment son implantation électorale dans l’Ouest ivoirien. Élu député des circonscriptions de Nahio et Saïoua, il conservera ce mandat pendant plus de quarante ans, devenant l’une des figures politiques les plus solidement implantées dans le Haut-Sassandra.

Après le coup d’État de décembre 1999 et dans les années de crise qui suivent, son rôle au sein du PDCI se renforce. Nommé secrétaire général dudit parti, il devient l’un des principaux artisans de son organisation et de son maintien dans l’opposition.

À ce poste, il accompagne notamment Henri Konan Bédié dans une période particulièrement difficile pour le vieux parti houphouëtiste. Entre crises politiques, divisions internes et recompositions du paysage partisan, Djédjé Mady s’emploie à préserver la cohésion des militants et l’appareil du PDCI.

En octobre 2013, il franchit pourtant un pas supplémentaire en contestant la direction de Bédié. Candidat à la présidence du PDCI, il défend alors l’idée d’un renouvellement du parti face à l’ancien chef de l’État. Il est battu. Mais cette défaite ne débouche pas sur une rupture. Djédjé Mady choisit de rester dans les rangs du PDCI et réaffirme son attachement à la formation qu’il avait servie pendant plusieurs décennies.

Cette fidélité constituera l’un des traits marquants de son parcours politique. Même après avoir occupé les premiers rangs du parti et avoir été lui-même candidat à sa direction, il ne crée pas de formation dissidente et demeure dans la maison politique héritée d’Houphouët-Boigny.

La même année, il est élu premier président du conseil régional du Haut-Sassandra. Réélu, il conservera cette fonction jusqu’en 2023, mettant notamment en avant les infrastructures routières, scolaires et sanitaires dans sa région.

Après le décès d’Henri Konan Bédié, en août 2023, puis l’arrivée de Tidjane Thiam à la tête du PDCI, Djédjé Mady s’était progressivement installé dans une position de doyen et de sage du parti. Loin des premières lignes de la compétition pour le contrôle de l’appareil, il avait apporté son soutien à Tidjane Thiam et continué de participer à la vie politique locale.

À l’annonce de sa disparition, Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse et président du conseil régional du Haut-Sassandra, lui a rendu hommage sur sa page Facebook. « La Côte d’Ivoire perd aujourd’hui l’un de ses grands serviteurs », a écrit le ministre, saluant un homme qui aura consacré « plusieurs décennies de sa vie à l’État, à la politique, à la médecine et au service de ses concitoyens ».

Mamadou Touré a également souligné l’attachement de Djédjé Mady à sa région natale, rappelant qu’il l’avait précédé à la tête du conseil régional du Haut-Sassandra, responsabilité qu’il avait exercée « avec engagement et dévouement ».

Marc Dossa

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