Après avoir paralysé les routes ce matin, les chauffeurs de gbaka (véhicules de transport en commun) ont repris le travail. Dans cet entretien, le porte-parole des chargeurs et président du Groupement des chauffeurs explique la tension entre chauffeurs et chargeurs.
Qu’est-ce qui a poussé les chauffeurs de gbaka à faire grève ce matin ?
Il y a eu une incompréhension entre un jeune et un chauffeur de Gbaka, hier à Abobo PK 18. Là-bas, ces personnes aident à lutter contre l’incivisme, en empêchant les chauffeurs de prendre par exemple des sens inverses. On les a installés dans les gares pour cela. À la fin de la journée, il arrive que les chauffeurs leur donnent un peu d’argent pour le travail qu’ils font. Mais hier, l’un des chauffeurs a refusé de payer. Il y a eu une altercation entre le jeune et le chauffeur. Après cela, des rumeurs ont couru, faisant état de ce que le chauffeur a été tabassé et qu’il est dans le coma, avec un bras cassé. Ce matin, les chauffeurs de gbaka ont donc refusé de travailler. Mais le travail a repris vers 10 heures.
Pourquoi ?
Parce que nous sommes allés aux informations. J’ai appelé le chauffeur qui a eu l’altercation mercredi avec le jeune. Il m’a tout expliqué. Il n’avait rien, en réalité. Nous avons expliqué cela aux chauffeurs, qui ont repris le travail.
La tension entre chauffeurs et chargeurs, communément appelés ‘‘gnambros’’, augmente depuis quelques jours…
Oui, c’est vrai. À la Riviera et à Bingerville, les gens ont profité de cette situation pour soulever les encaissements anarchiques de certains chargeurs dans leurs circuits. Ils disent qu’il y a trop de têtes de stationnement, et que les gens les encaissent trop.
Ce n’est pas le cas ?
Si. Mais les chauffeurs sont eux-mêmes complices de cette situation. Pour éviter ces encaissements anarchiques à n’importe quel point de la route, nous leur avons dit au début de dénoncer les chargeurs qui se livreraient à ces pratiques. Mais, parfois ce sont leurs propres amis qui font cela. Entre chauffeurs, celui qui ne roule pas, vient se mettre sur la route ce jour-là pour encaisser. Et c’est lorsqu’il y a un problème qu’ils viennent nous voir.
Que fait-on de ces encaissements ?
Il y a des gares reconnues où les chargeurs encaissent normalement. Parce qu’ils aident les chauffeurs à prendre des clients. Une partie de cet argent va dans une caisse sociale où, normalement, lorsqu’un chauffeur a un problème, il peut solliciter l’aide de la caisse. C’est une forme de fonds d’aide.
Raphaël Tanoh
