L’ANP donne des cours aux journalistes sur la question du terrorisme

par nordsud.info
113 vues

La session II de la 5è édition de l’ANP Academy ce 4 février à Abidjan a porté sur la thématique : «Le journaliste ivoirien face au terrorisme et à l’extrémisme violent en Afrique de l’ouest». Le panéliste du jour, William Assanvo, chercheur principal au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest, le sahel et le bassin du lac Tchad à l’Institut d’études et de sécurité Abidjan, a articulé son exposé autour de trois axes phares en présence d’une pléthore de journalistes en présentiel et en mode virtuel. C’était dans la salle de conférence de l’Autorité nationale de la presse (ANP) sise à Cocody-Angré.

D’emblée, M. Assanvo a défini le concept de terrorisme comme «un mode d’action qui consiste à recourir à la violence armée pour un groupe d’individus mus par des motivations économiques, sociales, religieuses, politiques  en ciblant des civils indiscriminés». L’orateur a souligné l’absence d’une acception consensuelle de la notion de terrorisme et d’extrémisme violent, outre, les approches «disponibles dans des documents politiques, stratégiques ou de textes législatifs au niveau national, régional et international». Il a par ailleurs souligné que ces phénomènes sont le fait de groupes armés en Afrique de l’Ouest, avec à titre illustratif : Al Qaida au Maghreb islamique, le mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest, l’Etat Islamique du grand Sahara, etc.  «Ce qui caractérise ces groupes, c’est qu’ils ont en commun d’adopter une rhétorique empreinte de références islamiques, notamment au djihad. Le qualificatif djihadiste qui leur est souvent attribué est contesté et contestable parce que ce n’est pas le sens du djihad qu’ils appliquent», a-t-il fait remarquer.  Partant de l’année 2012 en guise de point de départ, parallèlement «à la crise malienne, avec la rébellion et la prise du contrôle du nord du Mali par certains de ces groupes», William Assanvo a, dans le second pan de ses propos, fait un point d’étape de l’évolution, des tendances et de l’expansion du terrorisme dans la sous-région. En l’état actuel, la météo projetée par le conférencier a montré que les tentacules de l’hydre terroriste se sont étendues dans la sous-région ouest-africaine avec «la persistance de la menace, la multiplication de groupuscules, des attaques audacieuses et complexes, un ancrage local croissant et une expansion géographique au-delà du Sahel». En toile de fond de cet éparpillement, selon le panéliste, «la pression militaire, des tentatives de déjouer les mécanismes militaires et sécuritaires nationaux et régionaux, les compétitions entre les groupes terroristes et l’exploitation de la Comoé, du W-Arly-Pendjari pour le braconnage, la pêche illicite, l’orpaillage». L’ultime point d’orgue du panel a porté sur les implications du journaliste dans son compte-rendu. «Il faut éviter le piège du prisme religieux communautaire ou économique pour aborder la question du terrorisme» a-t-il souligné en vue de mettre en selle la pluralité, la diversité et la complexité des facteurs explicatifs de l’adhésion des populations aux idéaux terroristes au-delà des considérations communément admises. «Le journaliste doit informer et former l’opinion. Le préalable, c’est qu’il doit savoir de quoi il parle dans le contexte ivoirien. C’est le premier effort que le journaliste doit faire dans le traitement de cette information. Vous devez aussi collaborer sainement avec les forces nationales», a-t-il conclu.  

Charles Assagba

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00