Moussa Bamba, Association des dialysés : «Nous sommes les plus vulnérables»

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 176 vues

Dans cet entretien, Moussa Bamba, président de l’Association des dialysés et insuffisants rénaux de Côte d’Ivoire (Aidir) ,  revient sur leurs conditions difficiles et la nécessité de subventionner encore davantage leurs soins.

Quelles sont les principales causes de l’insuffisance rénale ?

Le diabète pour entraîner l’insuffisance rénale. Si vous avez une mauvaise alimentation, vous n’êtes pas à l’abri. L’automédication également en est l’une des causes. Avec le phénomène des médicaments de la rue, le risque a augmenté. L’alcool, le tabac, etc. sont autant de causes. Aujourd’hui, beaucoup d’Ivoiriens sont touchés par cette maladie parce qu’ils ne sont pas sensibilisés. Il faut faire un bilan rénal, contrôler l’urée et la créa.

Y a-t-il un régime spécifique qu’il faut adopter ?

Nous suivons un régime alimentaire dans le but d’éviter le potassium. On nous demande par exemple de ne pas manger du chocolat, du poisson fumé, de la sauce feuille ou de la sauce arachide. On nous recommande d’éviter les boîtes de sardine, tout ce qui est en boîte de conserve. On ne consomme que l’huile de maïs ou de soja. Un malade ne doit pas boire plus d’un demi-litre d’eau par jour. Si vous dépassez cela, l’eau peut entrer dans vos poumons.

Selon les témoignages qui vous parviennent, est ce que beaucoup de malades parviennent à suivre ce régime ?

C’est fatigant. Quand tu vis chez les parents, ils ne se préoccupent pas de toutes ces règles. Ils te donnent à manger ce qu’ils veulent ou peuvent. Le plus souvent, c’est parce que beaucoup n’ont pas les moyens de suivre ces régimes. Et cela peut précipiter la mort des malades.

Aujourd’hui, avec le Coronavirus, quelle est la situation des dialysés de Côte d’Ivoire ?

Nous sommes menacés au même titre que les Ivoiriens par la pandémie à Coronavirus. La population des dialysés de Côte d’Ivoire est l’une des plus vulnérables dans cette situation. Nous avons vu les autorités distribuer les vivres et non-vivres aux démunis et aux associations. Nous n’en avons pas reçu, pourtant les insuffisants rénaux traversent une période difficile en ce moment.

Rencontrez-vous des difficultés pendant la dialyse ?

Les ruptures fréquentes de kits de dialyse ont cessé. L’Etat a fait des efforts dans ce sens. C’était l’un de nos principaux problèmes. Mais il faut voir la question des générateurs de dialyse qui restent insuffisants. Nous demandons aussi une subvention au niveau des médicaments qui accompagnent la dialyse. Ils sont aux frais des malades. Un malade dépense en moyenne 50 000 FCFA par mois dans les médicaments.

Tous les médicaments sont importants ?

Si vous ne prenez pas le calcium, par exemple, vous vous retrouvez déformé. Il y a des médicaments contre la tension également. Si vous en manquez, ce sont les accidents vasculaires cérébraux (AVC) qui vous guettent.

Le taux de mortalité est-il toujours élevé au sein des malades ?

Nous enregistrons toujours des morts. Les chiffres ne sont pas officiels car c’est en moyenne près d’une dizaine de morts dans l’année. Le plus souvent, des AVC.

Entretien réalisé par Raphaël Tanoh

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