Une peine de 20 ans de prison ferme a été prononcée à l’encontre du commandant Bohé et ses coaccusés, les maréchaux de logis LB, CI, et VB par le tribunal militaire d’Abidjan, le 2 juillet dernier.
Tous azimuts, les 3 militaires ont été reconnus coupables de meurtre, complicité de meurtre et extorsion de fonds. Un dénouement qui fait suite à 12 rounds de procès. L’affaire en question remonte à un quinquennat, précisément en août 2015.
Yéo Kidjoufoloko, richissime cotonculteur, est stoppé net au poste de contrôle de Momirasso (sur l’axe Ferké-Ouangolodougou), tenu par des gendarmes. Le cultivateur était à bord d’un tricycle chargé de chevrons qu’il avait achetés en ville pour la construction de sa maison. Ses tractations à coup de billets de banques en vue de négocier son passage débouchent sur une vive et longue altercation.
En dépit des interventions sporadiques de certains passants, les gendarmes s’arcboutent sur leur position prêtant ainsi le flanc à la poursuite de l’altercation avec le cotonculteur qui avait en sa possession une importante somme d’argent.
Epilogue de la longue querelle : un coup de fil anonyme annoncera sur le coup de 20 heures, le décès de M. Yéo. Dans la foulée, les manifestations et tentatives d’assiègement de la brigade de gendarmerie par les habitants de Ferkessédougou s’étiolent.
La justice prend le relais. Les enquêtes diligentées, et la version finale rendue publique par le Tribunal militaire d’Abidjan priorise la piste de l’homicide. «Le meurtre de la victime Yéo Kidjoufoloko remonte à août 2015 sur l’axe Ferké-Ouangolo où le Capitaine Bohé S. après l’avoir conduit dans la broussaille, l’abat froidement avec son arme de dotation», indique le post Facebook de l’administration judiciaire.
Le verdict annonçant la sentence de 20 ans de prison est tombé comme un couperet ce vendredi 2 juillet 2021. Un mini-réconfort pour la famille éplorée qui verra son bourreau croupir sous les verrous pour ce crime crapuleux.
Charles Assagba
