Koumassi ‘‘Campement’’ : le plan pour soulager les victimes

par nordsud.info
67 vues

Le déguerpissement de Koumassi ‘‘Campement’’ a détruit de nombreuses familles. En attendant de situer les responsabilités, un plan pour réparer les dommages causés est en marche

 9 hectares rasés. Près de 350 habitations détruites. Des milliers de personnes à la rue. Entrepris par Alloui Brou Jacques, le déguerpissement du quartier ‘‘Campement’’ à Koumassi, survenu début juin 2026, a provoqué un énorme tollé dans la capitale économique. Plus de trois semaines après, la mairie de Koumassi fait le point de la situation, avec nordsud.info.

« Dans les premiers jours, nous avons ouvert 8 sites : six écoles et deux églises, pour loger les victimes. Aujourd’hui, il ne reste qu’un seul site », explique un proche collaborateur du maire de de Koumassi. La mairie a dégagé, témoigne-t-il, une enveloppe pour dédommager les locataires. Ces sommes variaient entre 250 et 350 000 FCFA.  « Beaucoup nous ont dit qu’ils avaient juste besoin du transport pour repartir vivre au village. Mais cette action a été vite stoppée, parce que nous n’avions pas encore une liste exacte des personnes concernées. N’importe qui venait se réclamer victime », ajoute-t-il.

Propriétaires

Etape 2, la mairie a recensé les propriétaires des maisons détruites, afin d’établir avec eux une liste exhaustive des victimes. « Lorsque monsieur Alloui Brou Jacques a débuté le déguerpissement, il était prêt à raser 34 hectares dont il se réclamait propriétaire. Mais, après les 9 hectares détruits, nous avons vite compris qu’il était dans le faux. Parce que, dans les parcelles détruites, il n’y avait que 3 hectares qui n’étaient pas en règle. Les propriétaires des 6 autres hectares avaient leurs arrêtés de concession définitive (ACD) », relève-t-il.

Solidarité

Alors, pour lui, avant même la fin de l’enquête diligentée par le procureur de la République, il fallait commencer à agir. « Au départ, nous avons octroyé 25 000 FCFA à 54 élèves qui passaient le baccalauréat. Le ministère de la Cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté en a fait de même. Nous avons offert des vivres aux victimes. Dès les premiers jours, nous avons recensé 169 victimes. Mais en attendant une liste définitive, nous pensons qu’environ 350 familles sont concernées, avec environ 3000 personnes impactées », relève notre source.

Une liste des propriétaires des maisons rasées sera envoyée au gouvernement. Pour la mairie de Koumassi, la solution envisageable est de reconstruire Koumassi ‘‘Campement’’. « La plupart des locataires sont partis. Nous avons dédommagé une partie, avant d’arrêter le processus. Donc, ce sont les propriétaires de maisons qui sont les premiers concernés. Dans nos recommandations, nous demandons qu’ils soient aussi dédommagés à hauteur des loyers qu’ils percevaient en attendant que leurs maisons soient reconstruites », poursuit notre interlocuteur.

Volet juridique

Toutefois, sur le volet juridique, les associations de défense des droits de l’homme demandent que la lumière soit faite sur ce désastre. « Il y a eu trop d’éléments contradictoires dans ce dossier. Tantôt Alloui Brou Jacques a eu les autorisations pour déguerpir, tantôt il ne les a pas eus. Mobiliser toute une armée pour aller caser des hectares, interroge. Nous attendons les conclusions de cette enquête pour aviser », indique pour sa part Abraham Denis Yaurobat, président l’ONG Action pour la protection des droits de l’homme (APDH).

Même lecture du côté du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH). « Si l’enquête révèle que monsieur Alloui Brou Jacques a les documents nécessaires, juridiquement, il a le droit de les déguerpir », mentionne Me Coulibaly Brahima, qui assure en ce moment l’intérim du mouvement. Cependant, même avec ce cas de figure que beaucoup jugent improbable, l’aspect morale de la chose, selon lui, pose problème. « Ce n’était pas le bon moment, avec la saison des pluies et les examens de fin d’année. Surtout qu’il aurait pu laisser le temps aux gens de se réinstaller », souligne-t-il.

Après les condamnations du côté de la société civile et de la classe politique, la grande question qui se pose, c’est combien cela va-t-il coûter à l’Etat de réparer les torts causés par Alloui Brou Jacques ?

Raphaël Tanoh

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00