À l’occasion d’Octobre Rose et de Novembre Bleu, le chef de l’État rappelle les progrès réalisés dans la prise en charge des cancers en Côte d’Ivoire. Avec plus de 20 000 nouveaux cas recensés chaque année, le pays entend renforcer ses capacités de dépistage et de traitement, tout en réduisant les obstacles financiers pour les malades.
La lutte contre le cancer demeure un défi majeur de santé publique en Côte d’Ivoire. Face à une maladie qui touche chaque année plus de 20 000 personnes dans le pays, le président Alassane Ouattara, entend poursuivre les efforts engagés pour améliorer le dépistage, renforcer les structures de prise en charge et faciliter l’accès aux traitements.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux à l’occasion des campagnes de sensibilisation d’Octobre Rose et de Novembre Bleu, consacrées respectivement à la lutte contre les cancers du sein et de la prostate, le chef de l’État a rappelé l’ampleur de cette problématique sanitaire. Le cancer du sein reste le plus fréquent, avec près de 4 850 nouveaux cas par an, suivi du cancer de la prostate.
Alassane Ouattara a également exprimé sa solidarité envers les personnes atteintes de cancer et leurs familles, tout en soulignant les progrès enregistrés dans le dépistage et la prise en charge de la maladie.
Pour le président ivoirien, les avancées médicales renforcent l’importance d’un diagnostic précoce. Selon les chiffres qu’il a communiqués, 63 femmes sur 100 sont en rémission cinq ans après un diagnostic de cancer du sein, contre 30 auparavant. Lorsque la maladie est détectée à un stade précoce, cette proportion approche neuf femmes sur dix.
Ces données confortent la nécessité de multiplier les campagnes de sensibilisation et d’encourager les populations à recourir au dépistage. L’objectif est de favoriser une détection plus rapide de la maladie et d’accroître les chances de survie des patients.
Le gouvernement entend également poursuivre la modernisation des infrastructures sanitaires dédiées à la prise en charge des cancers. Selon le bilan présenté par Alassane Ouattara, la transformation du système de santé engagée depuis 2011 a permis de renforcer progressivement l’offre de soins.
Alors que le pays ne disposait d’aucune unité de radiothérapie avant 2018, plusieurs établissements contribuent désormais à la prise en charge des patients. Il s’agit notamment du Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), des Centres hospitaliers universitaires (CHU) de Treichville, de Yopougon et de Bouaké, de l’Institut de médecine nucléaire d’Abidjan (IMENA) et de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville.
Cette offre devrait s’étendre avec la réalisation annoncée d’un futur centre à Grand-Bassam et le développement de pôles régionaux d’excellence. Une évolution destinée à renforcer les capacités nationales de traitement et à rapprocher progressivement les soins des populations.
Au-delà des infrastructures, la question du coût des soins constitue un autre axe majeur de la politique annoncée. Depuis 2019, certains médicaments anticancéreux particulièrement coûteux sont gratuits dans les établissements publics de santé, selon le chef de l’État.
Au CNRAO, a-t-il assuré, aucun traitement n’est retardé pour des raisons financières. L’État entend également poursuivre son accompagnement des patients les plus vulnérables.
« Notre ambition est claire », a souligné Alassane Ouattara, en insistant sur la nécessité de faire en sorte que les ressources financières ne constituent plus un obstacle à l’accès aux soins. Le défi reste ainsi de garantir à chaque patient une prise en charge adaptée, indépendamment de sa situation économique.
Le président de la République a, par ailleurs, salué l’engagement de la Première dame, Dominique Ouattara, en faveur des personnes atteintes de cancer, particulièrement les enfants. À l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, 90 % des enfants concernés bénéficieraient de soins gratuits, selon les chiffres communiqués dans son message.
Alassane Ouattara a également rendu hommage aux médecins, aux personnels soignants, aux associations et aux organisations non gouvernementales qui accompagnent les malades et leurs proches.
Les campagnes d’Octobre Rose et de Novembre Bleu offrent ainsi l’occasion de rappeler que la lutte contre le cancer ne repose pas uniquement sur les infrastructures et les traitements. Elle nécessite également une sensibilisation continue, un recours accru au dépistage et un accompagnement durable des patients.
Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu est désormais de consolider les acquis, d’étendre les capacités de prise en charge et de réduire davantage les inégalités d’accès aux soins. Une ambition qui place la prévention et l’accessibilité des traitements au cœur de la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire.
Marc Dossa
