Dans cet entretien, le secrétaire général national du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (SYNESCI), félicite le gouvernement pour avoir tenu parole.
Vous venez de tenir votre assemblée générale, ce samedi. Pourquoi maintenant ?
Tout d’abord, mes vœux les meilleurs aux militants du SYNESCI, à l’ensemble des enseignants de Côte d’Ivoire. Dieu fasse en sorte que nos revendications aient une fin heureuse pour cette année 2026. L’assemblée générale devait se tenir début novembre. Mais, compte tenu de l’élection présidentielle et des législatives auxquelles participaient beaucoup d’enseignants, nous étions obligés de la reporter.
Quel était l’objet de la rencontre ?
Plusieurs points ont été abordés. Notamment, la question de la prime des enseignants. Nous étions dans un dialogue avec le gouvernement et nous étions arrivés à une étape où le cabinet d’étude CIRES devait remettre ses travaux à Mme la ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, présidente du groupe des experts, présidente du Comité consultatif de la Fonction publique à la date du 31 décembre. Je voudrais rassurer nos camarades militants que le cabinet a achevé ses travaux et a effectivement remis ses conclusions, le lundi 5 janvier dernier au gouvernement.
C’est donc pour nous l’occasion de remercier la partie gouvernementale, surtout la ministre d’Etat sortante, qui a tenu parole. Nous n’avons pas attendu en vain. Le processus est en cours pour l’obtention de la prime. Nous demandons aux militants de nous faire confiance. Si jamais la partie gouvernementale a une démarche qui ne nous rassure pas, nous allons mobiliser les militants.
Les conclusions du cabinet CIRES ont été remises au gouvernement, mais avez-vous une idée de leur contenu ?
Malheureusement, pour l’heure, nous n’avons pas le contenu. Nous sommes dans une phase où le président de la République a mis fin aux activités du gouvernement. La ministre d’Etat sortante n’a pas eu le temps de réunir le groupe d’expert ni même le comité consultatif de la Fonction publique. Mais, dès la mise en place du nouveau gouvernement, nous allons tout mettre en place pour qu’on nous situe sur la suite du processus.
Et si les conclusions du CIRES ne fixaient pas les primes entre 150 000 et 400 000, comme vous l’aviez demandé ?
On ne peut pas comprendre que nous ayons des montants inférieurs à ce que nous avons proposé. Parce que nous avons calqué cela sur les montants des agents de la fonction publique, qui ont des primes situées entre 125 000 et 330 000 FCFA par mois. Qu’est-ce qui justifierait que pour le même grade, à l’Education nationale, nos primes soient inférieures ? Nous avons dit de 150 000 à 400 000. Ce sont des montants proposés par les enseignants et validés par la ministre de la Fonction publique sortante. On souhaite que ces propositions soient maintenues.
Quel est le processus normal à suivre avant de vous octroyer la prime ?
C’est tout cela que nous allons chercher à connaître. Ce que nous savons, c’est que le cabinet d’étude ayant fini, les conclusions sont dans les mains de la ministre d’Etat sortante, qui va les étudier avec le groupe d’experts et l’élargir au comité consultatif. Dès qu’ils auront adopté le document, il sera transmis au gouvernement. C’est là-bas que les techniciens, notamment le ministère du Budget, vont apprécier et faire des observations au président de la République, pour qu’il apprécie. Je pense qu’il ira dans le sens de l’octroi d’une prime au personnel éducation-formation, parce qu’il est conscient que les enseignants travaillent dans des conditions difficiles. Nous méritons d’être encouragés, motivés pour une école de qualité.
La prime est-elle devenue une question transversale, comme l’a été la question de la revalorisation des pensions ?
Effectivement, la question de la prime est devenue transversale. La ministre a elle-même estimé qu’il y avait 17 autres ministères, dont les agents ne bénéficient pas de prime. Nous sommes tous des travailleurs de la nation. Il y a une injustice quelque part et c’est ce qu’il faut régler.
L’année 2026 suffira-t-elle selon vous pour régler ce problème ?
Nous n’avons pas de date à imposer au gouvernement. Bien sûr, nous serons très heureux si avant la fête de l’indépendance on nous octroyait cette prime.
Entretien réalisé par Raphaël Tanoh
