La tension monte de plus en plus entre le pouvoir et l’opposition à quelques jours de la campagne électorale. Le samedi 10 octobre 2020 lors du meeting de l’opposition, l’ex-ministre Amon Tanoh s’est adressé au président Alassane Ouattara le traitant de dictateur. La réaction d’Adjoumani, porte-parole du RHDP ne s’est pas fait attendre.
Réunis au stade Félix Houphouët-Boigny, les leaders d’opposition se sont succédé au pupitre pour tenir des discours. A son tour, Amon Tanoh a demandé à son ancien compagnon Alassane Ouattara de quitter le pouvoir : « N’ayez pas peur. Nous sommes prêts à mourir pour notre pays. Nous ne reculerons plus devant rien. Nous sommes debout. Nous en avons marre. Dites-lui de libérer notre pays, de nous le rendre », s’est-il exprimé devant de nombreux militants, chauffés à blanc.
La réaction ne s’est pas fait attendre du côté de ses anciens compagnons de parti. C’est le porte-parole du Rhdp, Kobénan Kouassi Adjoumani qui s’est proposé pour lui donner le change : « J’ai été désagréablement surpris de voir un Amon Tanoh déchaîné, en train de s’acharner inutilement sur le président Alassane Ouattara dont il était le plus proche collaborateur : Directeur de cabinet, ministre des Affaires étrangères. Je dirai qu’une telle déclaration frise la déchéance morale ».

Avant d’ajouter : « Parce que Amon Tanoh ne peut pas se permettre d’aller à la place publique faire la promotion de ce qu’il a combattu tout le temps, à savoir l’ivoirité. Et, je sais de quoi je parle. Il était au départ militant du Pdci Rda, il était même secrétaire de section. Il a quitté le Pdci pour aller avec le président Alassane Ouattara sous le prétexte qu’il ne se reconnaissait pas en l’ivoirité. Or, aujourd’hui, qu’est-ce qu’il dit ? Que le président Alassane Ouattara remette la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens. C’est en quelque sorte ce qu’il nous dit », a-t-il indiqué.
Rappelons qu’en mars 2020, Amon Tanoh a rendu sa démission du gouvernement ivoirien après avoir vu Amadou Gon Coulibaly être désigné candidat du Rhdp. Un flambeau qu’il lorgnait.
Ahmed Coulibaly
