En dépit de sa réélection à la présidence de l’ex-parti unique : Thiam, le malaise s’accentue au PDCI

par nordsud.info
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Une crise politique persistante à l’approche de la présidentielle 2025

Malgré la victoire de Tidjane Thiam face à sa contestatrice Valérie Yapo sur la légitimité de sa présidence au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), la formation politique fondée par Félix Houphouët-Boigny traverse une zone de turbulence inquiétante à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Radié de la liste électorale depuis le 22 avril, Tidjane Thiam voit sa candidature menacée, ce qui plonge le PDCI dans une incertitude politique majeure. Si la justice a tranché en sa faveur sur le plan interne, les dissensions en coulisses révèlent une fracture de plus en plus béante au sein de l’ex-parti unique.

Démission de poids : Maurice Kakou Guikahué claque la porte

Le départ retentissant de Maurice Kakou Guikahué, le 15 mai, de son poste de conseiller du président du PDCI, illustre les tensions sous-jacentes. Ancien secrétaire exécutif et figure influente du parti, M. Guikahué a dénoncé un manque de concertation et de transparence dans la gouvernance actuelle.

« Des décisions majeures sont prises sans consultation ni information. Je les découvre dans la presse comme tout militant de base », a-t-il déploré.

À peine cinq mois après sa nomination, l’ex-ministre de la Santé rejette les « méthodes contraires à l’éthique PDCI » observées lors du 9ᵉ congrès extraordinaire du 14 mai, tenu « sans président ni bureau du congrès ».

Il ajoute :

« Les derniers développements de l’actualité politique dans notre parti, notamment la démission du président du parti, en est un exemple. (…) Je demeure un militant convaincu du PDCI-RDA et participerai, comme je l’ai toujours fait, aux combats pour sa survie. »

Remous internes : critiques contre le leadership de Thiam

Cette démission a ravivé les critiques internes contre la gouvernance de Tidjane Thiam. Plusieurs cadres du bureau politique du PDCI ont demandé sa démission. Parmi eux, Charles Abié Tchétché, qui appelle à une réorganisation profonde :

« Je demande la démission de Tidjane Thiam, la mise en place d’un nouveau bureau politique et l’organisation d’un véritable congrès pour élire un président légitime. »

Il critique le processus ayant mené à la reconduction de Thiam :

« On ne peut pas démissionner à 2 heures du matin et, quelques heures après, nommer un président intérimaire qui désigne aussitôt le président démissionnaire comme président délégué. Lequel se représente pour devenir président. »

Jean-Louis Billon, candidat déclaré à la présidentielle 2025, a aussi exprimé ses réserves sur la gouvernance actuelle du PDCI. Déjà critique fin 2024, il fustigeait un entourage « inefficace » et des « manœuvres d’exclusion » :

« Il est président du parti et nous attendons que le parti soit géré comme un parti politique doit l’être. (…) Je pense que l’équipe qui l’entoure ne l’oriente pas de la manière attendue par les militants. »

Selon lui, Thiam est mal conseillé :

« En toute honnêteté, je pense qu’il ne peut pas remporter l’élection, en raison d’une absence trop longue du pays. (…) Il est obligé de s’entourer d’une bande de ‘’roperos’’ qui lui disent : ‘’Fais ci, fais ça’’. »

Lire aussi : Menacé de déchéance de la présidence du PDCI : Thiam, la stratégie de l’approximation

Radiation de Tidjane Thiam : la question qui fâche

Au centre des crispations, la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale ivoirienne pour perte de nationalité. Cette exclusion, qui compromet sa candidature à la présidentielle de 2025, choque et interroge les militants.

Un proche de Maurice Kakou Guikahué s’indigne :

« Comment expliquer que notre président n’ait pas vu venir une exclusion aussi évidente ? »

Pour certains militants, le manque d’anticipation et le culte de la personnalité autour de Thiam aggravent le malaise.

Leadership contesté, avenir du PDCI incertain

Alors que son profil technocratique avait suscité l’espoir, Tidjane Thiam se heurte aujourd’hui à des critiques sur sa méconnaissance du terrain politique ivoirien. Des militants comme Osman Chérif continuent de le soutenir, dénonçant des manœuvres d’affaiblissement interne, mais d’autres l’accusent d’exclusion.

Un cadre résume :

« On ne peut pas accuser le pouvoir de pratiquer l’exclusion alors que l’on ne prône pas l’inclusion dans son propre parti. »

L’absence prolongée de Tidjane Thiam en Côte d’Ivoire depuis près de deux mois alimente les doutes. En l’absence de clarification sur sa situation électorale, le PDCI-RDA, en quête de pouvoir en 2025, risque une impasse politique et organisationnelle majeure.


Marc Dossa

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