Il faut vraiment s’en inquiéter. Pas dans le sens où cela peut faire partir le Président Alassane Ouattara du pouvoir mais peut s’avérer dangereux pour la cohésion sociale. Samedi 10 octobre, le meeting de l’opposition s’est vite transformé en une foire aux mensonges. Tout au long de ce meeting qui a ressemblé pas moins de 10 partis politiques de l’opposition, dont le Pdci, le Fpi, Lider, Gps… les intervenants ont proféré des contrevérités, sans manquer de chauffer à blanc leurs militants aux fins de commettre, dans les prochains jours, des actes visant à perturber la campagne électorale qui va s’ouvrir le 15 octobre 2020.
En tout cas, ce qui était attendu comme une démonstration de force, pour pousser l’opinion internationale à changer de lunettes pour regarder la situation en Côte d’Ivoire, a plutôt servi à Henri Konan Bédié et ses nouveaux amis de l’opposition de déverser des propos de haine sur la personne du président Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession pour l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Dans les propos et sur les banderoles fièrement brandies, l’injure était au rendez- vous. Marcel Amon Tanoh s’est cru obligé de déclarer par exemple qu’«il y a une centaine de cars venus d’Aboisso et de Grand-Bassam qui sont bloqués». Avant d’accuser : « Aucun Ivoirien ne ferait à d’autres Ivoiriens ce qu’Alassane nous fait (…) Nous sommes prêts à mourir pour libérer notre pays de la dictature d’Alassane. Il ne faut pas avoir peur… Nous sommes prêts et nous ne reculerons plus… Nous sommes la Côte d’Ivoire de la majorité. Nous sommes la Côte d’Ivoire de la force tranquille».

Quand Henri Konan Bédié, lui, évoquait les menaces physiques contre les opposants ivoiriens, sans en donner de preuve. « Face à la menace d’agressions perceptibles des tenants du pouvoir contre les personnalités de l’opposition et l’incapacité de la CEI d’organiser un scrutin présidentiel juste, crédible et transparent », le président du Pdci a appelé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à «se saisir du dossier ivoirien pour mettre en place un organe électoral véritablement indépendant et crédible ».
Pascal Affi N’guessan, également candidat à la présidentielle, a rappelé le mot d’ordre de « désobéissance civile » lancé par l’opposition et réclamé une « transition politique » en Côte d’Ivoire. « Nous sommes là, parce que Ouattara a dépassé les bornes de la violence, du mensonge, de l’ingratitude, de la manipulation…Là où c’est bouclé, nous allons couper, là où c’est calé nous allons décaler », a-t-proféré. Ce regroupement aura permis à Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’guessan et autres de se défouler sur le président Alassane Ouattara sans rien laisser entrevoir sur leur stratégie pour l’élection présidentielle du 31 octobre 2020.
De son côté, le président Ouattara poursuivait une tournée dans le Nord-Ouest, notamment à Korhogo, Odienné…multipliant les inaugurations d’infrastructures.
Bakayoko Youssouf
