Entrée réussie, mission accomplie pour les Éléphants de Côte d’Ivoire qui ont lancé leur Coupe du monde 2026 par une victoire précieuse face à l’Équateur (1-0), grâce à une réalisation d’Amad Diallo, dans les derniers instants de la rencontre. Un succès arraché au mental, qui permet aux hommes d’Emerse Faé de prendre trois points essentiels dans une poule particulièrement relevée.
Au-delà du résultat, cette première sortie a permis de dégager plusieurs enseignements sur les forces actuelles de la sélection ivoirienne, mais aussi sur les secteurs qui devront être corrigés avant le rendez-vous face à l’Allemagne.
Une équipe capable de souffrir avant de frapper
Face à une formation équatorienne réputée pour son intensité physique et invaincue depuis octobre 2024, les Éléphants ont démontré une qualité qui caractérise souvent les grandes équipes, savoir souffrir sans rompre. Dominés par moments durant la première période, les champions d’Afrique 2023 ont progressivement repris le contrôle des débats grâce à une meilleure organisation collective et une discipline tactique remarquable. La défense est restée compacte tandis que le bloc équipe a considérablement réduit les espaces, empêchant les Sud-Américains de concrétiser leur domination initiale.
Pour l’encadreur sportif de Deux-Plateaux FC, Joël Soro, cette victoire est avant tout celle de la maturité collective. « Les Éléphants ont livré une prestation solide face à un adversaire qui n’avait plus perdu depuis octobre 2024. Un véritable exploit. Les Ivoiriens ont répondu au défi physique imposé par les Équatoriens. Bien en place tactiquement, même si en première période l’Équateur était un tout petit peu au-dessus, les Éléphants ont globalement maîtrisé la rencontre, surtout en seconde période », analyse-t-il.
Des individualités qui ont fait la différence
Si le collectif a été convaincant, plusieurs joueurs se sont particulièrement illustrés. Le capitaine Franck Kessié a une nouvelle fois assumé son rôle de leader en apportant son expérience dans les moments difficiles. Derrière lui, Wilfried Singo réalise une prestation de haut niveau en muselant les offensives équatoriennes tout en rassurant sa défense. La révélation, Yan Diomandé, a confirmé tout le bien que l’on pense de lui, grâce à son activité permanente, tandis que Guéla Doué a affiché une solidité défensive précieuse sur son côté. Mais le héros du soir, reste incontestablement Amad Diallo.
Entré en cours de jeu, l’ailier ivoirien a encore changé le destin d’une rencontre. Pour Joël Soro, cette réussite n’est pas le fruit du hasard. « Le coach a une nouvelle fois sorti sa baguette magique avec l’entrée d’Amad Diallo qui, comme face à la France, marque sur sa première grosse occasion. Cette prestation est encourageante pour la suite », rassure le technicien. Cette capacité d’Emerse Faé à lire les matchs et à effectuer les changements décisifs constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts de cette sélection ivoirienne.
Le coaching d’Emerse Faé, une arme de plus
Depuis plusieurs rencontres, Emerse Faé démontre une excellente lecture tactique. Contre l’Équateur, ses changements ont transformé le visage de l’équipe. L’entrée d’Inao Christ a permis d’apporter davantage de fluidité dans la circulation du ballon, tandis qu’Amad Diallo a immédiatement créé le danger jusqu’à offrir la victoire aux siens.
Cette gestion du banc illustre la richesse de l’effectif ivoirien, où plusieurs remplaçants sont désormais capables d’avoir un impact immédiat. Le milieu de terrain, le chantier avant l’Allemagne
Malgré cette victoire, tout n’a pas été parfait.
Le principal point d’interrogation demeure le milieu de terrain, parfois dépassé dans les transitions et moins créatif face au pressing équatorien. Joël Soro estime qu’il s’agit du secteur qui devra être amélioré avant d’affronter l’Allemagne.
« Dans l’ensemble, le coaching a été bon avec les entrées d’Amad Diallo et d’Inao Christ qui a fait du bien au milieu de terrain. Mais Faé doit revoir le milieu. À mon sens, il est encore fragile. Face à l’Allemagne avec des joueurs comme Musiala, Pavlovic et Kimmich, cela sera encore plus compliqué. Pourquoi ne pas titulariser Inao à la place de Seko Fofana afin d’apporter davantage de qualité technique au milieu ? », s’interroge-t-il.
Cette réflexion pourrait alimenter les débats dans les prochains jours. Face à une Mannschaft réputée pour sa maîtrise technique et son pressing constant, la Côte d’Ivoire devra probablement gagner davantage la bataille de l’entrejeu si elle veut rivaliser.
BN
