Thiam, un programme de campagne déjà  fragilisé  

par NORDSUD
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On le sait, le Président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-RDA), Tidjane Thiam, compte sur sa casquette d’économiste international pour séduire son électorat. Mais il y a un hic : Thiam n’est pas plus économiste que celui qui sera probablement son principal adversaire : le Chef de l’Etat Alassane Ouattara, que le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), annonce comme son candidat pour la présidentielle de 2025.

En supposant que Ouattara va accepter de se représenter, l’ancien Dirigeant du Crédit Suisse ne peut aucunement tabler sur une continuité des actions déjà entreprises par le Président de la République. Voilà donc le problème: Ouattara a bien travaillé, celui qui veut prétendre lui succéder doit obligatoirement pagayer dans son sens. Des infrastructures, à la santé économique du pays, ADO n’a pas seulement impressionné les Ivoiriens, il a surtout poli l’aura de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale.  

Endettement

 C’est pour cela que Thiam a décidé d’écouter les quelques critiques qui pourraient être faites ici et là sur le programme politique d’Alassane Ouattara, afin de s’ériger comme celui qui pourrait y apporter des solutions. Le risque d’une telle stratégie est de se retrouver piégé en fin de compte dans une campagne de dénigrement. « On ne peut pas se développer uniquement en empruntant à l’extérieur », ose par exemple M. Thiam en décidant de s’attaquer à l’endettement du pays, sur la base d’un faux débat national, car la Côte d’Ivoire a un niveau d’endettement acceptable et peut par conséquent continuer à emprunter.

Deuxième proposition du Pdci : créer une manne financière avec un programme de retraite bien ficelé, alors que le pays ne compte que  10% des travailleurs jouissant d’une retraite. Encore un dilemme. Loin d’être découragé, Thiam a récidivé ce week-end à Soubré, lors de son meeting. A la Place Donwahi, le Président du Pdci est revenu sur les défis économiques actuels, promettant des réformes significatives pour améliorer les conditions de vie des Ivoiriens. Un slogan somme toute risqué pour une campagne présidentielle qui sera longue et âpre. L’unité et le social qu’il prône en second  plan, ne sont pas réellement de son crédo. Mais si lui, l’économiste, souhaite affronter Ouattara en 2025, il vaudrait peut-être mieux qu’il œuvre en dehors de son champ d’expertise, après tout.

Georges Dagou

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