Ekoun Kouassi est membre du conseil d’administration sortant de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire (MUGEFCI). Il est candidat au poste de délégué dans le grand district d’Abidjan pour le compte du groupe Solidarité-Santé, dont la tête de liste est Paul Gnogbo, le président du conseil d’administration sortant. C’est aussi le secrétaire général national du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (SYNESCI). Dans cet entretien à nordsud.info, il répond à des questions portant sur l’élection à la MUGEFCI.
Qu’est-ce motive cette seconde candidature du PCA sortant Paul Gnogbo?
Quand le 22 janvier 2022, nous prenions les rênes de la MUGEFCI, avec le PCA Paul Gnogbo, il n’y avait que 2013 médicaments dans le panier de soins du régime complémentaire obligatoire. Nous avions promis que ce chiffre serait porté à 3524 médicaments. Le PCA a fait mieux. Nous sommes passés de 2013 à plus de 6000 médicaments aujourd’hui. Ce qui fait 200% de médicaments en plus. Autres faits qui soulignent le très bon bilan du PCA sortant, ce sont les bilans de santé. Pendant les 4 années, nous avons fait trois bilans de santé gratuits au profit de 50 000 mutualistes et leurs conjoints. Ce qui n’avait jamais été fait. Certains ont même bénéficié d’un 4ème bilan. Depuis sa création en 1973, la MUGEFCI n’avait appliqué que le système 70-30 pour le régime complémentaire obligatoire. Le mutualiste prenait en charge 30% des frais et la MUGEFCI assurait 70%. Sous notre mandature, nous sommes passés à 80-20. Désormais, le mutualiste ne paye que 20% pour les médicaments en pharmacie, en ce qui concerne le régime complémentaire obligatoire. Nous avons aussi facilité le traitement de tous les fonctionnaires et agents de l’Etat souffrant d’insuffisance rénale. Nous avons payé 20 dialyseurs mis à la disposition du Centre national de prévention et de traitement de l’insuffisance rénale (CNPTIR) pour que les fonctionnaires puissent s’inscrire dans leur programme et bénéficier des soins à moindre coût (1750 F la dialyse). Quand nous arrivions également, tous les actes étaient payants. Pour avoir la carte MUGEFCI, dite ‘‘carte intelligente’’, il fallait débourser 10 000 FCFA. Nous avons mis fin à cela. Aujourd’hui, les cartes se font gratuitement et sur place. À côté de cela, il faut savoir que tous ceux qui sont à Ivoire santé, ont eu des demandes de renouvèlement de leurs cartes, ainsi que les cartes des membres de leurs familles. Quant à la nouvelle carte d’Ivoire santé, on veut la faire avec un code familial. En clinique ou en pharmacie, vous n’aurez plus à attendre un code qui va venir de la MUGEFCI. Il y a aussi l’amélioration de la qualité du système informatique, etc. Donc, le bilan du PCA sortant est très bon. Ça motive un second mandat. Je dirais même que les mutualistes, vu ce très bon bilan, appellent le PCA sortant, Paul Gnogbo, à briguer un second mandat.
Le verdict du comité électoral national de la MUGEFCI est tombé depuis mercredi dernier. Seule votre liste Solidarité-Santé, a été retenue au niveau d’Abidjan. Les deux autres listes ont été invalidées. Quelle lecture faites-vous de cela ?
Le groupe Solidarité-Santé dirigé par Paul Gnogbo, a pris acte de la décision du comité électoral national, avec responsabilité et sérénité. Cette situation traduit avant tout le respect des règles établies pour garantir un processus électoral crédible et transparent. Le fait que notre liste soit la seule retenue à Abidjan démontre notre sérieux et notre devoir d’exemplarité. Je rappelle que notre liste a aussi été invalidée dans le Hambol. Mais nous sommes confiants.
Certains de vos adversaires crient au complot…
J’aurais voulu me taire sur ce sujet pour respecter les décisions du comité électoral national. Personnellement, je regrette ces déclarations dans la presse de certains adversaires. Les agissements de ces acteurs dont les listes ont été invalidées dans certaines régions, notamment dans le district d’Abidjan, n’honorent pas la MUGEFCI. Cependant, je pense que ce que le peuple de Côte d’Ivoire attend de leurs complaintes, c’est qu’ils apportent la preuve que le comité électoral s’est trompé sur leur compte. Non seulement ils ne le font pas, mais ils font des déclarations laissant croire que c’est le PCA actuel, Paul Gnogbo, qui manigance pour que leurs listes soient rejetées et c’est regrettable. Le comité électoral a produit les preuves qu’il y avait eu fraude et ceux qui ont décelé la fraude, sont des hauts cadres sérieux de notre pays. Ces acteurs mécontents démontrent simplement par ces déclarations, leur manque de sérieux, leur incompétence et leur incapacité à gérer la MUGEFCI.
On parle quand même de tête de liste importante. Cela ne risque-t-il pas de perturber le processus ?
Le comité électoral national a toute la confiance de l’Etat. C’est à lui de prendre toutes les dispositions pour la bonne tenue de ces scrutins. Ce n’est pas la première fois que nous voyons de tels agissements dans un processus électoral. Ce qui n’a jamais empêché les scrutins d’aller à leur terme. Je pense que nous irons le 18 avril prochain aux élections. J’appelle donc tous les fonctionnaires et agents de l’Etat à aller choisir leurs délégués de la MUGEFCI.
Ne craignez-vous pas que l’Etat décide de revoir le processus ?
Je ne pense pas. L’Etat pouvait peut-être s’ingérer si deux groupes se battaient, ce qui n’est pas le cas ici. Il y a juste un groupe qui conteste la décision du comité électoral. Ce n’est pas le conseil d’administration actuel qui a mis le comité électoral en place. Aucun membre du conseil d’administration sortant ne fait partie de ce comité électoral. Par ailleurs, il est bon de savoir que c’est l’Etat lui-même qui organise ces élections.
Si vous êtes élus, que ferez-vous de plus pour la MUGEFCI ?
Le groupe Solidarité-Santé a un programme qui n’est pas encore sur la place publique. Nous réservons donc ce droit au président du conseil d’administration sortant, Paul Gnogbo. Mais, je peux rassurer les fonctionnaires et agents de l’Etat, en activité comme à la retraite, que le groupe Solidarité-Santé leur promet de belles surprises. Entre autres, revoir le taux de prise en charge à 90-10, au niveau du régime complémentaire obligatoire. Voir aussi si le coût de la dialyse peut baisser. Parce que c’est un cas qui touche de nombreux fonctionnaires. J’appelle donc tout le monde à se mobiliser fortement, pour aller porter leur choix sur le candidat Paul Gnogbo, parce qu’il a fait du très bon travail.
Interview réalisée par Raphaël Tanoh
