Alors que le ministre de l’Hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité a donné 72h aux opérateurs économiques pour en finir avec les tas d’immondices qui s’amoncellent dans la ville d’Abidjan, les Ivoiriens s’interrogent sur les raisons de cette situation. Selon Barthe Armel, président de la Fédération des pré-collecteurs et prestataires de services urbains de Côte d’Ivoire, dès le début, beaucoup ont pensé que la faute venait d’eux. « Nous pré-collectons les ordures, les acheminons vers les coffres. Là s’arrête notre rôle. Celui des collecteurs est de prendre les ordures contenues dans les coffres pour les acheminer vers les décharges. Et c’est ce qui n’est pas fait depuis plusieurs semaines », a expliqué ce mardi Armel Barthe à nordsud.info.
Amoncellement d’ordures
Et quand les coffres sont pleins, d’après lui, les pré-collecteurs arrêtent eux aussi de bosser. « Il y a dans la chaîne d’autres personnes qui sont chargées de garder les coffres propres. Eux aussi, ne peuvent plus travailler parce que les coffres ne sont pas vidés. De leur côté, les ménages décident de prendre eux-mêmes les ordures pour les envoyer aux coffres, c’est tout ce qui crée ces amoncellements », a signifié Armel Barthe.
Ecoti.SA et Eco Eburnie
Selon nos sources, Ecoti.SA et Eco Eburnie, les deux principaux opérateurs en charges de la collecte des ordures tenteraient de faire du chantage à l’Etat. D’après une source au sein de l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED), le contrat entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les différents opérateurs, a pris fin le 31 décembre dernier. Pour assurer la continuité du service, l’Etat a rallongé ledit contrat de 3 mois, en attendant de signer un contrat définitif. Et le réaménagement ministériel est ensuite intervenu, retardant les choses. Ce qui a poussé les opérateurs à cesser leurs activités, histoire de mettre la pression sur les autorités. Mais cette posture, d’après notre source, ne peut prospérer.
Au sein de Ecoti.SA et Eco Eburnie, on estime au contraire qu’il leur a été demandé de travailler sur fonds propres, tandis qu’ils n’avaient pas de garanti que leurs différents contrats seraient reconduits. Difficile d’investir dans ce cas sur de nouveaux matériels, alors que le secteur en a besoin pour assurer pleinement le ramassage des ordures. C’est pourquoi les ordures s’entassent.
Georges Dagou
