Sanogo Soungalo : « J’utilise les mots pour créer un environnement que le lecteur peut visualiser »

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 396 vues

Quel regard portez-vous sur la littérature ivoirienne ?

La littérature ivoirienne est en pleine mutation. Nous avons eu de grands écrivains, comme Bernad Dadié, Ahmadou Kourouma, Jean-Marie Adiaffi. Nous avons de grands écrivains, comme Anzata Ouattara, Josué Guébo, Etty Macaire, Cédric Marshall, etc. Il est vrai que le paysage est beaucoup plus marqué par la création de nombreuses maisons d’édition et un accès beaucoup plus facile à la publication pour les jeunes talents, mais le talent demeure.

Sanogo Soungalo était invité au groupe scolaire Saint-Louis de Yopougon et à Madeleine Daniélou.

Avec justement la prolifération des maisons d’édition, la qualité est-elle toujours au rendez-vous ?

Ce problème n’est pas seulement inhérent à la littéraire ivoirienne. Partout où vous avez un éco système semblable, forcement la bonne qualité et la mauvaise qualité cohabitent. C’est pareil dans le cinéma, dans le showbiz. Quand on produit beaucoup, il faut s’attendre à ce que la médiocrité s’y invite à un moment. Le plus important, c’est d’avoir des repères. L’essentiel est que le lectorat arrive à identifier le bon du mauvais. Je suis convaincu qu’un bon livre se comportera toujours bien sur le marché, tandis qu’un mauvais livre dormira dans les tiroirs.

Peut-on dire que la littéraire ivoirienne est riche ?

Sanogo Soungalo était invité au groupe scolaire Saint-Louis de Yopougon et à Madeleine Daniélou.

Je crois qu’il y a eu un long moment en Côte d’Ivoire, tout comme en Afrique, où la littérature était dominée par l’anticolonialisme, le panafricanisme, la défense des traditions ancestrales. Avec la nouvelle génération, ou assiste à une ouverture d’esprit beaucoup plus large, avec l’arrivée de nouveaux sous-genre narratifs, comme le polar, le roman d’aventure. Je me souviens qu’au lycée, lorsque j’allais à la bibliothèque, les ouvrages étaient classés par sous-genre. Vous vouliez un roman d’amour, il y avait un rayon, et ainsi de suite. Pour moi c’est aussi cela, une littérature riche. Je crois que le développement tend vers un seul sens. Pour y arriver on doit se référer à ceux qui y sont déjà. Il n’y a pas de sens contraire, ou un sens qui bifurque. On doit simplement faire comme les autres. Il faut éviter de museler cette libre expression, cette créativité littéraire qui germe en Côte d’Ivoire. Laissons-là emprunter la voie qui la mènera à la maturité.  

Comment définiriez-vous votre style d’écriture ?

C’est de l’écriture cinématographique. J’utilise les mots pour créer un environnement que le lecteur peut visualiser ; pour créer des mouvements ; des rythmes, des sensations. Pendant qu’il lit, le lecteur a l’impression de suivre un écran.    Pour autant, mes personnages ont une psychologie bien définie que le lecteur ressent. Quelle soit lourde, légère ou flottante, l’atmosphère est très présente. On peut dire que mon péché mignon c’est le suspense, l’idée de ne pas donner d’indice à mes lecteurs, jusqu’à la fin du livre. C’est quelque chose de très exaltant. Vous verrez cet exercice avec mon premier livre Le Corbeau, paru chez les Nouvelles éditions balafon. Dans Il Faut Sauver Marlyne également. Mais beaucoup plus avec L’Homme au Parfum de Charognard.

G.D.

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