Le transfert effectif de la capitale à Yamoussoukro entre dans une nouvelle phase. À l’occasion du séminaire d’orientation de l’Association des journalistes et communicateurs engagés pour le développement (Ajced), le sous-préfet de Yamoussoukro, Yéo Dohogninnina, a détaillé les investissements et les réformes prévus dans le cadre du Plan national de développement 2026-2030.
La première journée du séminaire d’orientation de l’Ajced, présidée par Idriss Bamba, a été marquée, le samedi 26 septembre 2026 à Yamoussoukro, par une conférence inaugurale consacrée au transfert de la capitale politique et administrative.
Intervenant sur le thème: « Transfert de la capitale dans le PND 2026-2030 : quelle partition pour le District autonome de Yamoussoukro ? », le sous-préfet Yéo Dohogninnina a présenté aux professionnels des médias les principales actions engagées par l’État pour accélérer la transformation de Yamoussoukro en véritable centre administratif, gouvernemental et industriel.
Pour le sous-préfet, le transfert de la capitale n’est désormais plus un simple projet mentionné dans les discours. Il s’inscrit dans une dynamique concrète, soutenue par des investissements importants et une planification à long terme.
Dans le cadre du PND 2026-2030, une enveloppe de 6 milliards de FCFA est notamment prévue pour l’amorçage opérationnel et les études techniques liées au transfert des institutions.
À cette enveloppe s’ajoutent 454 milliards de FCFA consacrés aux infrastructures de la micro-région, ainsi que 413 milliards de FCFA destinés à la construction de la voie de contournement, appelée à améliorer la fluidité de la circulation et l’accès à la future zone de souveraineté.
Le développement urbain figure également parmi les priorités. Quelque 76 milliards de FCFA sont prévus pour l’aménagement municipal de 500 hectares à la sortie de la ville, sur l’axe de Sinfra.
Le conférencier a par ailleurs évoqué 150 milliards de FCFA de financements internationaux mobilisés pour accompagner différents projets structurants, notamment la mise aux normes de l’aéroport international de Yamoussoukro et le renforcement de l’interconnexion électrique haute tension, pour un montant de 9 milliards de FCFA.
Au-delà des chiffres, Yéo Dohogninnina a insisté sur les signes visibles de la progression du transfert.
Selon lui, la Zone administrative et politique (ZAP) constitue désormais l’un des principaux marqueurs de cette évolution. Plusieurs institutions commencent à y prendre leurs marques, tandis que des représentations diplomatiques étrangères préparent leur implantation.
« Le Sénat a déjà sécurisé son espace et les représentations diplomatiques internationales, à l’instar de l’ambassade de Chine qui vient d’achever la clôture de son site, se préparent concrètement à leur installation définitive », a-t-il relevé.
Cette dynamique pose toutefois une question majeure : celle de la disponibilité et de la sécurisation du foncier.
Face à l’expansion urbaine et à la pression croissante sur les réserves foncières, l’État entend anticiper les besoins liés au développement futur de Yamoussoukro.
Le Sous-préfet a ainsi mis en avant l’adoption, en 2023, du nouveau Schéma directeur d’urbanisme (SDU). Cet outil doit permettre de préserver les réserves foncières nécessaires à la réalisation des grands projets et de limiter les effets de la spéculation.

« Le foncier est le socle fondamental de tout projet. Grâce au Schéma directeur, les grands espaces sont aujourd’hui préservés pour que nous puissions demain investir avec une pression foncière considérablement réduite par rapport aux décennies précédentes », a expliqué Yéo Dohogninnina.
Pour l’autorité administrative, cette maîtrise du foncier constitue une condition essentielle pour assurer à la fois la protection des droits des populations, la planification urbaine et l’attractivité de la future capitale.
Mais au-delà des infrastructures et des investissements, le conférencier a insisté sur la nécessité de préserver l’apaisement et la cohésion sociale dans le processus de transformation de Yamoussoukro.
S’adressant aux journalistes et communicateurs de l’Ajced, il a estimé que le développement de la capitale ne pourra être durable sans une véritable adhésion des populations.
« On ne peut pas investir, on ne peut pas développer durablement s’il n’y a pas une cause commune et une cohésion sociale forte », a-t-il déclaré, appelant à privilégier les procédures administratives, le dialogue et les mécanismes de compensation dans la gestion des questions foncières.
Pour Yéo Dohogninnina, les défis liés à l’urbanisation et à la disponibilité des terres doivent être traités dans le respect des règles et des droits de chacun.
« Face aux réalités complexes du terrain, la seule voie possible est la voie de la vérité et de la responsabilité », a-t-il insisté.
Au terme de la conférence, le président de l’Ajced, Idriss Bamba, a salué la qualité et la portée de l’exposé du Sous-préfet de Yamoussoukro.
Il a exprimé sa gratitude au conférencier pour les éclairages apportés aux professionnels des médias et réaffirmé la volonté de l’association de jouer pleinement son rôle dans l’accompagnement du processus de développement de Yamoussoukro.
À travers ce séminaire, l’Ajced entend ainsi renforcer la capacité des journalistes et communicateurs à mieux comprendre les grands enjeux du développement national et à contribuer, par l’information et la sensibilisation, à l’aboutissement du processus de transfert de la capitale.
MD
