Abidjan: Le Projet d’assainissement et de résilience peut-il freiner les inondations ?

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 145 vues


Face aux inondations, ces dernières années, la Côte d’Ivoire veut doter ses villes d’un système de drainage efficace. A cet effet, le pays a adopté un Projet d’assainissement et de résilience urbaine (Paru) avec l’aide de la Banque mondiale. Lancé, le 10 mars dernier, ce projet de drainage estimé à 155 milliards FCFA, concerne le district autonome d’Abidjan et les villes de Grand-Bassam, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, Daloa, San Pedro, Ferkessédougou, Ouangolodougou, Guiglo, Toumodi, Tiébissou, Sinématiali, Duékoué, Bloléquin, Sikensi, Dabou, Djébonoua. L’objectif à terme du Paru, est de réduire la vulnérabilité des populations aux inondations dans les nombreuses zones urbaines.Au niveau d’Abidjan, deux grands quartiers ont été ciblés par le projet. Il s’agit d’Abobo et de Yopougon. Du moins, pour ce qui concerne sa composante 1 : la réalisation de travaux routiers associés au drainage, la réhabilitation des systèmes de drainage primaire et secondaire; la construction et la réhabilitation des zones de rétention d’eau, etc. A Abobo, les travaux de construction des ouvrages de drainage des eaux pluviales à Anonkoua-Kouté ont déjà été lancés en mars dernier, par le Premier ministre, Patrick Achi, d’un coût de plus de 14 milliards FCFA. Ils devront être achevés dans 15 mois. Les quartiers de N’Dotré et d’Agouetto sont concernés par la construction de 2 cuvettes, pour lutter contre les inondations.


Démolition d’ouvrages A Yopougon, il est prévu l’aménagement des ouvrages de drainage des eaux pluviales dans le bassin versant de Gesco, route de Dabou. «Cet aménagement prend en compte tous les travaux nécessaires à l’effet de lutter contre les inondations et les érosions dans la zone concernée et d’améliorer le cadre de vie des riverains», notent les services techniques du Paru.Il y aura donc dans cette commune, la construction de plusieurs canaux et de dalots; le dégagement des emprises des canaux à réaliser (débroussement, démolition d’ouvrages et bâtis, déplacement de réseaux, etc.) ; «la protection des talus de remblais par engazonnement; la fourniture et pose de passerelles de traversée des canaux avec garde-corps en béton armé ; l’aménagement de piste d’entretien des ouvrages ; l’exécution de travaux de végétalisation dans les emprises des ouvrages ; la fourniture et la pose de garde-corps en béton armé ; la pose des enrochements de protection ; le raccordement au tronçon de Port-Bouët 2 ; la mise en œuvre de mesures environnementales et sociales, etc.», soulignent les services du Paru.Ces sites et ces points concernent également la gestion des déchets solides, pris en compte dans la composante 2 du Paru. Qui prévoit, entre autres, le renforcement des capacités de collecte, de traitement / valorisation et d’élimination des déchets solides de la ville dans le district d’Abidjan et de plusieurs villes de l’intérieur du pays.Mais que deviennent les populations qui occupent ces sites ?


Plan d’action de réinstallation Le ministère de l’Hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité, prévoit de relocaliser les populations qui seront impactées par le Paru. Dans la mise en œuvre du projet, il est également prévu un mécanisme de gestion des litiges. À cela, le ministère ajoute un «Plan d’action de réinstallation (PAR) pour prendre en compte les pertes de terres ou de bâtis avant la mise en œuvre du projet».L’une des préoccupations des populations vis-à-vis de ce projet, c’est la question des canalisations bouchées à Abobo, notamment. Les riverains pointent du doigt les canalisations ouvertes, fréquemment bouchées par les ordures, et qui sont la cause principale d’inondations des voies quand il pleut. Ils citent aussi les difficultés d’accès aux habitations lors des inondations. Préoccupations auxquelles répond le Paru en annonçant la réalisation des ouvrages de franchissement et des canalisations fermés. Enfin, la mauvaise qualité des ouvrages existant a aussi été soulignée par certains riverains. Pour le ministère de l’Hydraulique et de l’assainissement, il sera mis en place «un dispositif de suivi et contrôle efficace des prestations au sein du projet pour la réalisation des infrastructures de qualité et qui répondent aux normes».Le Paru est prévu pour durer 6 ans. Débuté en juin 2020, il devra s’achever en juin 2026. Il comprend en tout, 4 composantes. La première, prend en compte l’assainissement. La seconde concerne la gestion des déchets solides. La troisième, le soutien à la gestion de projet; le renforcement des capacités et création d’emplois dans les secteurs du numérique, de la résilience urbaine et de la gestion des déchets solides. Et la quatrième, sera chargée de prévoir un mécanisme de mobilisation d’un «fonds de contingence» afin de soutenir l’atténuation, la réponse, le relèvement et la reconstruction en cas d’urgence.Le projet n’est pas destiné à mettre définitivement fin aux inondations, mais à les réduire, considérablement.


Raphaël Tanoh

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