Alors que le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Tidjane Thiam, a entamé une tournée auprès des Parlements européens et américains en critiquant le classement du pays en matière de développement humain, le gouvernement réagi avec fermeté.
À l’issue du conseil des ministres de ce mercredi 21 mai 2025, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a répondu point par point aux déclarations de l’opposant.
« Quand on aime son pays, on l’encourage à faire mieux »
Face aux accusations portées par M. Thiam, notamment sur le prétendu « mauvais classement de la Côte d’Ivoire en matière d’indices de développement », Amadou Coulibaly a mis en avant les chiffres officiels. « La Côte d’Ivoire fait partie des sept pays qui ont fait un bond en termes d’Indice de développement humain (IDH). Et en Afrique, nous sommes les premiers », a-t-il rectifié.
Il a poursuivi en soulignant le caractère encourageant de ces performances. « Je pense que ce sont des chiffres à encourager. Le dernier rapport du PNUD les a montrés de façon éloquente », a argumenté le ministre de la Communication.
Pour le porte-parole du gouvernement, l’attitude de M. Thiam est difficilement conciliable avec une ambition présidentielle. « Je pense que quand on aime son pays, on l’encourage à faire mieux. Cela ne sert à rien de le dénigrer, surtout quand on a l’ambition de vouloir le diriger », a estimé Amadou Coulibaly.
« Une loi est une loi »
Interrogé sur les déclarations de Tidjane Thiam selon lesquelles le régime actuel chercherait à l’écarter à travers l’application d’une « loi désuète », Amadou Coulibaly a préféré rappeler la règle de droit. « Une décision a été rendue, c’est une décision de justice. Une loi, qu’elle soit désuète ou pas, dès lors que c’est une loi et qu’elle est en vigueur, elle est applicable », a-t-il rappelé.
Pour étayer son propos, le ministre a fait une référence historique. « Je voudrais rappeler que c’est en 1918 que la France a mis en place ce qu’ils ont appelé le Balai, le Bureau d’abrogation des lois anciennes. Le Balai a identifié une loi qui date de 1539 qui était encore en vigueur en France. Cela remonte à plusieurs siècles… Une loi est une loi. Je ne ferai pas de cours de droit aux uns et aux autres », a précisé le porte-parole du gouvernement.
Pas de censure, mais une mise en garde
Concernant une éventuelle poursuite de Tidjane Thiam pour ses propos à l’étranger, comme demandé par un journaliste, le porte-parole est resté fidèle à la ligne gouvernementale : « nous sommes dans un pays de liberté, les gens peuvent s’exprimer comme ils le veulent. Si on a en face des citoyens qui sont bien formés, leurs dénigrements et leurs affabulations ne passeront pas. Donc, nous mettons l’accent sur le citoyen ».
MD
