Amani Bénédicte Acquici: « Les VBG gagnent en intensité »

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 326 vues

Amani Bénédicte Acquici, présidente de l’ONG Foundi, répond à nos questions.

Comment se présente le tableau des violences faites aux femmes en Côte d’Ivoire ?

Les statistiques sur les violences basées sur le genre (VBG) nous indiquent que 5 405 cas de VBG ont été recensés en 2020 et pris en charge dans les services sociaux en Côte d’Ivoire, dont 822 cas de viols. La majorité de ces cas de viols était perpétrée sur les mineurs de moins de 18 ans. Les règlements à l’amiable dans les cas de viols, de violences conjugales et de cas incestueux continuent, parce que notre société continue de porter un regard accusateur sur les femmes victimes de violence. On cherche à justifier ces actes dégradants. Quand elles brisent le silence, rares sont les cas où leurs familles les épaulent.

Y a-t-il une recrudescence du phénomène ?

Oui, nous déplorons une augmentation des cas de violences. Nous avons de plus en plus de pères incestueux dans les familles, de mères qui n’ont plus la fibre maternelle, qui deviennent des pédophiles. La société va à la dérive.

Lire aussi: Journée de la femme: Ce que les ivoiriennes ont gagné

Que faut-il faire pour garantir les droits des femmes ?

Nous proposons la mise en place de stratégies de préventions des violences fondées sur le genre et la lutte contre les normes sexistes néfastes. Cela passe par la formation et l’information des associations de jeunesse féminine, avec l’appui des ONG. Cela passe aussi par la formation et l’information des autorités coutumières sur la thématique du genre et tout ce qui en découle comme avantages, afin de susciter un véritable engagement de leur part dans la lutte. Il faudra créer une cellule genre au niveau des chefferies traditionnelles et de quartiers, pour qu’ils soient les relais d’information et de sensibilisation au changement de mentalités positives. Il faut mettre en place une politique d’aide aux femmes victimes des effets du changement climatique, car bien souvent, nos politiques oublient que le changement climatique est un facteur favorisant des violences basées sur le genre. Il faut un centre d’accueil, de prise en charge holistique et de réinsertion sociale et professionnelle des survivantes de violences et de femmes issues de population à risques.

Raphaël Tanoh

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