Assemblée nationale, gouvernement : l’heure des grandes attentes pour les Ivoiriens

par nordsud.info
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Réélu à la tête de la Côte d’Ivoire avec 83,66 % des suffrages à l’issue de la présidentielle du 25 octobre 2025, puis conforté par les élections législatives du 27 décembre, le président Alassane Ouattara a enclenché, conformément aux usages républicains, un nouveau processus de recomposition institutionnelle. Ce mercredi 7 janvier 2026, le chef de l’État a procédé à la dissolution du gouvernement conduit par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, ouvrant ainsi la voie à la formation d’une nouvelle équipe appelée à incarner les ambitions du nouveau mandat.

Dans un communiqué publié au terme du conseil des ministres, la Présidence de la République a précisé que le Premier ministre avait présenté la démission de son gouvernement ; démission aussitôt acceptée par le président de la République. Plusieurs décrets ont été signés dans la foulée, mettant fin aux fonctions du Premier ministre, des membres du gouvernement, des ministres-gouverneurs des districts autonomes, ainsi que des ministres d’État, ministres et ministres-conseillers à la Présidence de la République.

En attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre et la mise en place d’un nouveau gouvernement, l’équipe sortante est chargée d’expédier les affaires courantes. Une période transitoire qui nourrit déjà de nombreuses attentes au sein de l’opinion publique, tant les défis économiques, sociaux et institutionnels demeurent pressants.

Cette dissolution marque en effet un tournant stratégique. Elle intervient à la veille d’échéances politiques déterminantes, à commencer par l’élection, prévue le 16 janvier, du président de la nouvelle Assemblée nationale. Une élection très attendue, d’autant que le président sortant, Adama Bictogo, pourrait être amené à quitter le perchoir. Plusieurs noms circulent avec insistance, parmi lesquels ceux du ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh, ou encore, selon certaines spéculations, du vice-président Tiémoko Meyliet Koné. Un éventuel changement à la tête de l’Assemblée nationale pourrait ainsi rebattre les cartes institutionnelles.

La rentrée parlementaire, fixée au 19 janvier, devrait être suivie rapidement par la nomination du nouveau Premier ministre. Sur ce point, les spéculations vont bon train, sans toutefois livrer de certitudes. Reconduction ou nouvelle figure ? Rajeunissement ou continuité ? La question reste entière.

Au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), des voix évoquent un remaniement en profondeur, marqué par l’ouverture à de nouvelles figures, notamment issues de la société civile et de la relève politique. Un rajeunissement des cadres qui répondrait à une volonté de modernisation de l’action publique et de préparation des futurs enjeux électoraux et sociaux. « Le président a clairement insisté, dans ses derniers discours, sur la transmission générationnelle. Il serait logique que cette promesse se traduise dans la composition du nouveau gouvernement, à commencer par le choix du Premier ministre », confie un ancien membre du gouvernement.

Au-delà du rajeunissement, la question de la parité et de l’inclusion féminine serait, selon certains avis, un signal fort de la part du chef de l’État. Dans ce sens, l’essayiste et politologue Julien-Geoffroy Kouao plaide pour la nomination d’une femme à la Primature, ce qui serait une première dans l’histoire politique ivoirienne. Il appelle également à un gouvernement paritaire, rappelant que l’équipe sortante ne comptait que 6 femmes sur 33 membres, soit 18 %. « Soixante-six ans après l’indépendance, les femmes doivent occuper 50 % des portefeuilles ministériels », soutient-il, citant en exemple plusieurs pays ayant déjà franchi ce cap.

D’autres voix, à l’image de l’ancien député Assalé Tiémoko, interrogent l’utilité même des ministres-gouverneurs, estimant que leur maintien, en dehors des districts d’Abidjan et de Yamoussoukro, n’a pas démontré une réelle valeur ajoutée pour le pays.

Au lendemain de cette dissolution, le président Alassane Ouattara a quitté Abidjan pour la France, où il devrait multiplier les consultations. Un séjour qui lui permettra également de peaufiner la recomposition de son équipe gouvernementale, en cohérence avec la vision qu’il a lui-même définie.

Lors du conseil des ministres du 7 janvier, le locataire du Palais présidentiel avait rappelé les termes du contrat social liant son action à celle des populations : consolidation de la paix, de la sécurité et de la solidarité nationale, mais aussi poursuite du développement économique et social. « J’attends de notre administration des résultats concrets, aussi bien dans l’amélioration de la qualité des services rendus aux populations que dans la réalisation d’infrastructures, dans le respect de l’orthodoxie budgétaire », avait-il insisté.

À travers la formation du prochain gouvernement, les Ivoiriens attendent désormais des actes forts, des choix audacieux et une équipe capable de traduire, sur le terrain, l’ambition d’une Côte d’Ivoire plus juste, plus inclusive et résolument tournée vers l’avenir.

Marc Dossa

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