Depuis la rentée scolaire, le front social en Côte d’Ivoire s’anime. Pour éviter des grèves, l’État vient d’ouvrir un cadre de discussions. Mais peut-il satisfaire tout le monde ?
Le paiement des primes d’incitation évaluées à plusieurs centaines de milliards FCFA. Le relèvement de l’indice référentiel de base pour l’ensemble des fonctionnaires de Côte d’Ivoire, dont l’incidence financière est dans le même ordre que celle de la revalorisation salariale de 2014… C’est peu dire : les doléances des syndicats, en cette fin d’année, inquiètent. Malgré la mise en place ce jeudi d’un comité consultatif, pour étudier ces différentes questions, les esprits sont loin d’être apaisés.
Chronogramme de discussion raisonnable
Décidés à obtenir gain de cause, des faitières telles que la Coalition des syndicats du secteur éducation/formation de Côte d’Ivoire (COSEFCI), veulent un chronogramme de discussion raisonnable dès cette semaine, afin d’être très vite situées sur l’attitude à adopter. Il en est de même pour le Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (SYNESCI), qui attend que les primes d’incitation des enseignants soit un acquis. Du côté de la Confédération des syndicats de fonctionnaires de Côte d’Ivoire (COSYFOCI), le moment n’a jamais été aussi propice pour obtenir la revalorisation de l’indice référentiel de base qu’elle brandit depuis plus d’une décennie.
Prévus pour démarrer cette semaine, les échanges entre employés et employeurs, laissent présager une issue incertaine. Les experts ne voient pas l’État ouvrir d’autres poches budgétaires, après les récentes dépenses. On le sait, beaucoup d’argent a déjà été déboursé pour calmer le front social. La revalorisation de l’allocation familiale et de l’indemnité de logement. Le 13ème mois pour les fonctionnaires et pour les retraités. Le personnel de santé est lui aussi en attente du paiement des primes liées à la réforme dans ce secteur.
Les risques financiers
Avec une masse salariale déjà conséquente, toute l’équation pour les autorités est de savoir comment tenir des syndicats vindicatifs en laisse, tout en minimisant les risques financiers pour lui. C’est pour cela que le comité consultatif mis en place et présidé par le ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, est regardé d’un œil vigilant par les Ivoiriens.
Avec la présence du ministre de l’Économie, des finances et du budget aux débats, Tapé Apollinaire, président de la COSYFOCI, n’imagine pas les fonctionnaires sortir de là sans un bon accord. « L’État en a les moyens. La Côte d’Ivoire a les ressources pour satisfaire nos demandes », note-t-il. Tout en prenant exemple sur la grève de janvier 2017 qui avait réunis tous les fonctionnaires autour de la revalorisation de la pension de retraite, ils pensent qu’une fois de plus, il y a un dénominateur commun qui est l’indice référentiel de base. Et le contexte s’y prête : la prochaine présidentielle. Il est vrai que les élections approchent et que l’État veut éviter les troubles. Mais au ministère de la Fonction publique, on veut également utiliser le comité consultatif, pour mettre les fonctionnaires devant leur responsabilité.
Georges DAGOU
