Côte d’Ivoire : Un toit pour 200 000 fonctionnaires

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 121 vues

Pour Gnagna Zady Théodore, président de la Plateforme nationale des organisations professionnelles du secteur public, se loger est devenu une épine dans les pieds des travailleurs de la Fonction publique, pas seulement pour les enseignants. La preuve, dit-il, tous demandent une revalorisation de l’indemnité de logement. « Mais l’indemnité de logements n’est qu’un bouc émissaire. Le véritable problème, c’est comment avoir un toit à la retraite. Si vous donnez l’indemnité de logement à n’importe qui, elle ne suffira pas. C’est de maisons que nous avons besoin », souligne Innocent Koffi, Président de la Coordination des syndicats de la Fonction publique (Cosyfop). Mais il faudrait beaucoup de maisons, si une telle politique devait voir le jour. En avril 2019, l’effectif des fonctionnaires de Côte d’Ivoire s’élevait à 219 003 travailleurs, selon le ministre de la Fonction publique, le général Issa Coulibaly. Peut-on offrir un toit à tous ces travailleurs, tout comme cela avait été le cas dans les années 80 ? « Possible ? Oui. Les enseignants sont les fonctionnaires les plus nombreux de Côte d’Ivoire. L’effectif tourne autour de 150 000 personnes. Si nous réussissons à leur offrir un toit, alors il sera possible de le faire pour tous les fonctionnaires de Côte d’Ivoire », croit dur comme fer M. Koffi. Il est soutenu dans cette idée par Boko Kouao, le porte-parole de la Coordination des syndicats du secteur de la santé (Coordisanté). « En 1983, lorsque tout le quartier de Yopougon-Sideci était en brousse, avec 1,5 million FCFA on pouvait avoir des logements. Mais lorsqu’on a demandé aux fonctionnaires de venir souscrire à ce projet pour avoir un toit, beaucoup ont refusé. Et c’est cette mentalité qui prévaut encore aujourd’hui. Beaucoup attendent d’avoir d’abord des millions avant de songer à avoir un toit. Mais si nous avons une indemnité contributive au logement, c’est bien pour cela. Elle ne sert pas à acheter une maison, mais à contribuer à avoir un toit à sa retraite », explique Boko Kouao. Mamadou Traoré Dohia, président de la Fédération des syndicats autonomes de Côte d’Ivoire (Fesaci), parle de consensus. Avant de nourrir le projet d’offrir un toit à chaque fonctionnaire de Côte d’Ivoire, il faut d’abord établir un cadre formel de discussion. « Chaque Ivoirien rêve d’avoir un toit, mais il s’agit de voir la faisabilité, compte tenu du coût des logements et de la cherté de la vie pour les travailleurs, dont le salaire ne suffit pas. Même si l’idée est bonne, les obstacles à un tel projet sont nombreux », prévient M. Traoré. Selon Pacôme Attaby, président du bureau de la coalition des syndicats du secteur public de Côte d’Ivoire (CSSP-CI), le manque d’espace à Abidjan et banlieue constitue un réel problème aujourd’hui. À entendre Boko Kouao, pour mieux réussir ce genre ce chose, il appartient à chaque secteur d’activité d’initier des actions immobilières. « En réalité, il n’est pas du ressort du gouvernement de loger un fonctionnaire. C’est à nous de le faire. Au niveau des personnels soignants, nous attendons l’effectivité de nos primes trimestrielles. Une fois que cela sera fait, nous allons participer à un projet de logements », explique Boko Kouao. Pour l’instant, aucun programme digne de ce nom n’existe pour le personnel soignant, estimé à 28 000 fonctionnaires, soit le deuxième corps le plus important de la Fonction publique.

Solutions

Au ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme, plusieurs actions ont été mené pour rendre accessibles et fiables, les arrêtés de concession définitifs (ACD), pour appliquer le schéma directeur d’urbanisme et pour sensibiliser les acteurs du monde de l’immobilier dans le respect des normes. Mais on est surtout conscient d’une chose : loger à Abidjan devient difficile. « On veut tous loger à Abidjan. La seule manière de gérer la crise du logement est de décentraliser encore plus l’administration publique et l’emploi dans sa globalité. Faire un projet de logements à l’intérieur du pays est non seulement moins coûteux mais plus rapide à réaliser », indique un proche collaborateur du ministre. Pour ce qui est d’Abidjan, il ne resterait plus qu’une solution d’après lui : construire en hauteur. En combinant ces deux idées, assure-t-il, on peut offrir un toit à chaque fonctionnaire. Mais nombreux sont ceux qui en doutent. « Si un jour cela devait se faire, la seule façon de nous offrir des maisons serait d’imiter Félix Houphouët-Boigny : construire des logements et les mettre en location-vente. Comme cela, nous voyons la maison et nous savons que c’est du concret », préconise Abba Eban, président du Mouvement pour l’union des enseignants de Côte d’Ivoire (Muneci).

Raphaël Tanoh

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