Transport public : Les mesures barrières foulées aux pieds

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 33 vues

Avec le monde du spectacle, le transport public est l’un des secteurs les plus ciblés par les autorités pour freiner la propagation du coronavirus. Malheureusement, depuis quelques mois, le respect des mesures barrières n’y est plus de mise.

Arrêtons-nous sur cette image : un wôrô-wôrô (véhicule de transport en commun) en provenance de Cocody-Angré, terminus 81, gare au carrefour-Mahou. Sur la banquète arrière, une femme qui ne porte pas de masque, s’extirpe, accompagnée de deux enfants qu’elle avait fait asseoir sur ses jambes. Sur le même siège, il y a encore deux autres passagers. Et seulement l’un d’eux porte un masque. Avec le passager installé à l’avant du véhicule et le chauffeur, c’est au total 8 personnes qu’a transportées ce véhicule. Dans les débuts du coronavirus en Côte d’Ivoire, cette scène aurait été jugée scandaleuse. Aujourd’hui, c’est simplement le naturel qui revient au galop. Tout comme les wôrô-wôrô, à Adjamé-Liberté, dans le fourmillement des commerçants et des passants, les gbakas (véhicules de transport en commun), font maintenant le plein. Avec la levée de plusieurs mesures barrières, tous les sièges de ces véhicules sont occupés. Adieu les mesures de distanciation ! Dans ces bahuts surchauffés, où les passagers sont collés les uns aux autres telles des sardines, le seul obstacle à la circulation du coronavirus, c’est le masque. Malheureusement, le chauffeur ou l’apprenti ne l’exigent plus aux passagers à la montée. « Le fait ne pas porter les masques dans les véhicules n’explique pas l’augmentation ou non des cas de coronavirus. Le transport n’a rien à voir dedans », assène Adama Yéo, président du Groupement des chauffeurs.

Taux de mortalité

D’Abobo au Plateau, de Treichville à Cocody, le transport public semble avoir fait fi de la covid-19. Cela fait déjà trop longtemps que le commissaire Charlemagne Bleu, porte-parole de la police et le Dr Edith Kouassi, la conseillère technique du ministre de la Santé et de l’hygiène publique, ne cessent de relever le relâchement à tous les niveaux dans le respect des mesures barrières. La raison de ce relâchement ? La banalisation de la maladie, selon Soumahoro Ben N’Faly, président de la Fédération ivoirienne des consommateurs le Réveil. « Les gens ont tendance à banaliser la maladie, parce qu’ils pensent que les autorités exagèrent dans sa létalité ; qu’elles en font trop », fait-il remarquer. Le 7 octobre, la Côte d’Ivoire était à environ 19 900 cas et 19 500 guérisons, pour 120 décès. Soit un taux record de guérison qui oscille autour des 98% et un taux de mortalité de 0,6%. L’un des plus bas de la planète. De quoi faire dire à certains que le virus est quasi inoffensif. Une simple grippe passagère.

Choisir

« Les gens ont choisi, entre leur survie et encombrer leur quotidien avec le coronavirus », ajoute Soumahoro Ben N’Faly. De toute évidence, les passagers et les acteurs du transport ont fait leur choix. Malheureusement, de leur côté, les autorités ne peuvent faire plus que sensibiliser. « Au tout début du virus, on lui faisait payer 22 500 FCFA lorsqu’on prenait un chauffeur qui ne respectait pas les mesures barrières ou ne les faisait pas respecter par ses passagers (le port du masque, par exemple). C’était dans les tout début et tout le monde avait peur. Aujourd’hui, lorsque les policiers nous arrêtent, ils se contentent de nous verbaliser, ou ils font descendre de la voiture le passager qui ne porte pas de masque », ajoute Adama Yéo. Pour Drissa Diaby, président de l’Association des détenteurs de taxi-compteurs de Côte d’Ivoire, la priorité aujourd’hui reste la relance de l’économie ivoirienne qui continue de souffrir de la Covid-19. « On va continuer à vivre avec le coronavirus. Nous continuons de sensibiliser pour le respect des mesures barrières, mais les gens n’écoutent plus comme avant. Ils n’écoutent plus du tout », regrette-t-il. Hormis les bus de la Société des transports Abidjanaise (Sotra), dans lesquels on s’échine à faire respecter le port du masque, les transports, qu’ils soient interurbains ou intercommunaux, ont quasiment tourné le dos au respect des mesures barrières.

Raphaël Tanoh

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