Dialogue politique : L’opposition divisée face à Ouattara

par NORDSUD
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Visiblement, l’opposition ivoirienne ne sait plus sur quel pied danser face à Alassane Ouattara qui lui tend la main depuis sa réélection le 31 octobre 2020. Ce mercredi 18 novembre 2020, Henri Konan Bédié a préféré reporter la réunion de la coalition des plateformes et partis politiques de l’opposition, «à une date ultérieure». Cette réunion était pourtant censée, selon nos sources, peaufiner «l’unité d’action de l’opposition» face au pouvoir. Et le communiqué annonçant cet aménagement de calendrier présente le président Bédié, non plus comme le président du Conseil national de transition (CNT), mais plutôt comme le président de la Coordination des plateformes de l’opposition : EDS, AFD, GPS, Arc-en-ciel, AGIR, URD et Lider. En réalité, cette dernière décision expose bien les fortes divergences au sein de ces formations politiques.  Et, à l’analyse, ce sont trois tendances diamétralement opposées qui s’affrontent au sein du bloc des interlocuteurs du pouvoir Rhdp.

D’abord celle conduite par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) du Président Henri Konan Bédié. Ce dernier, proclamé président du CNT au lendemain du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020, a renoncé à ce titre et se montre plutôt disposé à poursuivre le dialogue politique dans le cadre de l’ordre constitutionnel. Le Front populaire ivoirien (FPI), tendance Laurent Gbagbo, est également dans cette dynamique qu’espère emprunter l’ancien parti unique. On se souvient qu’au sortir d’une rencontre avec le Premier ministre Hamed Bakayoko, le 12 novembre dernier, le prof Assoa Adou avait clairement affiché la disponibilité de Laurent Gbagbo et de son parti à participer pleinement aux discussions.

Ces deux formations politiques de l’opposition se détachent de l’aile radicale, emmenée par le trio Guillaume Soro de Génération et peuples solidaires (GPS), d’Albert Mabri Toikeusse de l’Union pour la démocratie et la paix (Udpci- Arc-en-ciel ) et du FPI légal tenu par Pascal Affi N’Guessan. Tous les trois n’entendent pas renoncer à leur projet de transition et du CNT. Le dernier a d’ailleurs été mis aux arrêts quand Guillaume Soro et Albert Mabri Toikeusse sont sous le coup de poursuites judiciaires.

Marcel Amon Tano et dans une certaine mesure Mamadou Koulibaly de Lider et bien d’autres petits partis, constituent le troisième bloc du démembrement de l’opposition ivoirienne. Le premier, Marcel Amon Tanoh, avait très rapidement pris ses distances d’avec le projet du CNT. Et il continue toujours de défendre sa position… Le président de la République, lui, se montre bien disponible et veut aller de l’avant. Mardi lors du conseil politique du Rhdp à Abidjan, il a annoncé avoir instruit Hamed Bakayoko afin qu’il renoue «le dialogue avec le PDCI-RDA et le FPI afin de leur permettre de reprendre leur place dans le dialogue politique».

Ousmane Ouattara

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