À l’approche des matchs contre le Burundi et la Gambie pour les éliminatoires du Mondial 2026, Émerse Faé doit faire des choix stratégiques pour composer une équipe capable de confirmer le statut de champion d’Afrique des Éléphants. Deux options s’offrent à lui : relancer les cadres qui ont brillé lors de la CAN, mais qui connaissent un temps de jeu réduit ou une baisse de régime en club, ou injecter du sang neuf en donnant leur chance aux nouvelles têtes. Si le sélectionneur ivoirien a également la carte d’un mix entre les deux options, l’interrogation demeure : quelle sera la tendance dominante du onze entrant ? Des choix stratégiques d’autant que la Côte d’Ivoire doit impérativement se qualifier pour la prochaine Coupe du monde comme l’a rappelé le sélectionneur ivoirien en conférence de presse.
Le Gardien de but : Yahia Fofana, un choix de stabilité
Dans les cages, la hiérarchie semble se dessiner, avec un dernier rempart qui a su s’illustrer lors de la dernière CAN et qui a confirmé son statut en club. Sauf cataclysme ou l’objectif de reposer un cadre, Yahia Fofana devrait être titularisé dans les buts. La concurrence de Badra Ali Sangaré et de Mohamed Koné demeure un cran en-deça, face à l’état de forme du gardien d’Angers.
La Défense : Qui pour accompagner N’dicka ?
La stabilité défensive sera un autre élément clé, nécessitant une charnière robuste et des latéraux capables d’apporter du soutien offensif tout en restant solides derrière. Faut-il reconduire l’ossature victorieuse de la CAN, même si certains manquent de rythme en club, ou tester de nouvelles associations pour préparer l’avenir ? Sur le papier, la liste fournie par Faé Émerse offre les deux options. L’expérience et la solidité est incarnée par une charnière centrale avec l’indéboulonnable Evan Ndicka qui demeure l’une des valeurs sûres depuis son arrivée en équipe nationale. En guise de binôme, il existe l’option des cadres de l’équipe en difficulté, notamment et Emmanuel Agbadou de retour de blessure, Ousmane Diomandé, en baisse de temps de jeu en équipe nationale depuis l’arrivée de Faé Émerse et Willy Boly, malgré qui conait une baisse de son état de forme. La nouvelle pépite, Clément Akpa pourrait dans un scénario idéal entrer en cours de jeu pour son baptême de feu avec les éléphants. Dans la position des latéraux, la ligne de démarcation semble toute tracée avec Guela Doué et Wilfried Singo —de retour de blessure— qui incarnent la composition classique. Des certitudes qui pourraient être controversées avec le retour de Hassane Camara ou la présence de Christopher Opéri.
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Milieu de terrain : Retour sur le papier ou sur le terrain d’Ibrahim Sangaré avec les pachydermes
L’entrejeu devra être un savant mélange entre puissance et créativité, avec des joueurs capables de récupérer le ballon tout en assurant une bonne transition vers l’avant. Certains titulaires indiscutables apportent de la maîtrise, mais d’autres, plus jeunes, frappent à la porte avec l’envie de s’imposer. Faé devra trancher entre la confiance accordée à des cadres en manque de repères et l’audace d’intégrer des éléments plus frais Si le nom de Franck Kessié sort du lot en termes d’expériences sur la liste de Faé Émerse, Ibrahim Sangaré demeure celui qui a le plus d’automatismes en équipe nationale avec le titulaire d’Al-Ahly, un facteur qui penchera en sa faveur sur le onze entrant en dépit de son absence sur le terrain avec les éléphants depuis la CAN ? Jean-Eudes Aholou et Jean-Philippe Gbamin auront également l’opportunité à priori à tour de rôle d’intégrer le trident du milieu de terrain en vue grappiller une place en l’absence de Seko Fofana.
L’Attaque : Haller, Adingra, priorité aux hommes forts de la CAN en difficulté en club ?
En attaque, la Côte d’Ivoire dispose d’un réservoir impressionnant. Des joueurs explosifs sur les ailes et des finisseurs efficaces dans l’axe offrent plusieurs options. Miser sur la stabilité en maintenant des automatismes ou tenter un coup de poker avec des nouveaux visages ? La question est d’autant plus cruciale que certains cadres offensifs évoluent peu en club et risquent de manquer de rythme pour ces échéances.
Avec un Sebastien Haller qui renait difficilement de ses cendres à Utrehct avec un temps de jeu important et très peu de buts inscrits, le coach devra se faire des nœuds au cerveau avec la présence de Bayo Vakoun, d’Evann Guessand et de Jean-Philippe Krasso qui demeurent des postulants au poste d’attaquant de pointe des champions d’Afrique. Dans les couloirs, les problèmes de Simon Adingra en club, le decrescendo de Nicolas Pépé les mettront en concurrence avec Oumar Diakité qui jouit de temps de jeu conséquent en club en dépit de son style de jeu manquant de collectif. À défaut d’un réaménagement tactique, le 4-3-3 classique de la Côte d’Ivoire répondra assurément aux interrogations sur la construction progressive d’une nouvelle équipe ou la relance des cadres malgré leurs difficultés en club.
Au-delà des individualités, c’est un collectif fort et structuré qui devra émerger. Émerse Faé aura la lourde tâche de faire des choix judicieux pour ces rencontres cruciales. L’enjeu n’est pas seulement de bien démarrer ces éliminatoires, mais aussi de poser les bases d’une équipe compétitive pour l’avenir.
Charles Assagba
