Enseignement supérieur: Que veulent au juste les docteurs non-recrutés ?

par nordsud.info
279 vues

Incinération de thèses, demande formelle de la démission du ministre de l’Enseignement supérieur…Les 3000 diplômés réunis au sein du collectif non-recrutés redonnent de la voix, en ce mois de juillet 2022. A l’unisson, ils exigent ce qu’ils considèrent comme un dû après des années de dur labeur : l’insertion professionnelle de l’intégralité des détenteurs du graal de l’enseignement supérieur.

Entamées en octobre 2021, les manifestations pour l’intégration des docteurs dans la fonction publique avaient connu une simili-trêve entre février et juin 2022. Les concessions du ministère de l’Enseignement supérieur avaient refroidi les ardeurs des plaignants. Le pôle ministériel dirigé par Adama Diawara avait lancé, de fait, en mai, un concours de recrutement auquel le collectif avait décidé de prendre part. La tutelle avait en effet procédé à l’amélioration globale des conditions de déroulement du concours, l’un des points de revendications. Poussant le bouchon plus loin, la tutelle a également resserré la vis, en soumettant les docteurs à des tests écrits, en plus des traditionnelles épreuves orales en vue de passer au crible la qualité du niveau académique des docteurs. Une mesure qui a mis un terme au recrutement par étude de dossiers sur lequel pesait une ombre de suspicion. Suite à la publication des résultats, en juin 2022, 508 docteurs ont été recrutés. 152 postes non-pourvus seront remis en concours, selon le ministère. Une kyrielle de membres du collectif dont le porte-parole, Dally Olivier et d’autres figures de proue du mouvement ont fait leur entrée à la fonction publique. Ces derniers ont quitté le collectif et remis le flambeau de la lutte à leurs camarades restés sur le carreau.

Redistribution des cartes à la tête du collectif. Au créneau, les héritiers de la lutte ont repris du poil de la bête. Joint au téléphone par la rédaction de Nord Sud, le nouveau porte-parole, Dr Simi Deroux, explique que la revendication phare du collectif, le recrutement de l’intégralité des docteurs non-recrutés, n’a pas été satisfaite. A défaut de l’insertion de tous les docteurs dans le secteur de l’enseignement supérieur, le porte-voix du mouvement requiert l’application du compendium de compétences produit par le collectif et qui a été réceptionné par le ministère. «Ce document indique les institutions et entreprises publiques au sein desquelles les docteurs peuvent exercer en fonction de leurs spécialités. Une partie du collectif de docteurs peut être insérée de cette manière», souligne-t-il. C’est donc un nouvel épisode dans le «film» qui met en scène le collectif des docteurs non recrutés et le ministère de l’Enseignement supérieur.

Les doctorants qui ont échoué au recrutement ne veulent pas que cela s’explique par leur mauvais niveau. Le collectif, par le truchement de son porte-parole, fait un rectificatif. «Si nous n’avons pas le niveau, c’est une manière de dire que nos professeurs, directeurs de thèses et consorts qui nous ont encadrés, le jury qui s’est réuni pour notre soutenance, n’ont pas le niveau. Et si c’est le cas, ce serait la faute du système de l’enseignement supérieur», martèle-il.

Les étudiants de nos universités se cherchent une porte de sortie avec le doctorat.

Un ancien membre du collectif tout feu tout flamme. Sous le sceau de l’anonymat, un ex-membre du collectif, recruté à la faveur du dernier concours met les points sur les i. «Ayant fait partie de ce groupe, je sais que les membres sont désespérés, parce qu’être chômage avec un tel niveau d’études, c’est difficile à supporter, c’est un désarroi. Mais, c’est un concours et c’est le ministère qui juge de prendre celui qui est apte ou pas. (…)  Il faut que les docteurs non-recrutés essaient de revoir la manière de mener cette lutte. Ceux qui sont dans le mouvement doivent se faire entendre de manière intellectuelle. A leur place, je n’aurais pas incinéré ma thèse. Je me serais inscrit dans la voie de la négociation», préconise notre interlocuteur.

Le ministère droit dans ses bottes. Une source au ministère de l’Enseignement supérieur se veut claire. «Nous demandons aux docteurs non-recrutés de retourner à la maison pour se préparer pour les prochains concours. Les 152 postes non pourvus seront remis à concours en octobre et une nouvelle session sera ouverte en 2023 en fonction des besoins exprimés. La voie qu’il utilisent n’est pas la meilleure», conseille notre informateur. Les positions restent donc figées entre le ministère et les docteurs non-recrutés.

Charles Assagba

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00