Interrogé ce mercredi sur le déguerpissement de Koumassi Campement, lors de la traditionnelle conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres, Amadou Coulibaly a refusé de commenter une affaire « dans les mains de la justice », tout en défendant les opérations de déguerpissement menées, selon lui, pour « sauver des vies ».
Le débat portant sur déguerpissement de Koumassi Campement, est loin de connaître son épilogue. Interrogé ce mercredi 23 septembre 2026, à l’issue du conseil des ministres, sur le lien entre cette opération et la vision de la « Grande Côte d’Ivoire » défendue par le président Alassane Ouattara, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a affirmé de ne pas vouloir commenter directement le dossier.
« Vous me demandez d’intervenir sur une affaire qui est dans les mains de la justice. C’est une instruction qui est en cours. Je ne veux faire aucun commentaire sur cette affaire », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du gouvernement a toutefois replacé la question des déguerpissements dans le cadre plus large de la politique gouvernementale, en rappelant le lien établi par l’exécutif entre la « Côte d’Ivoire solidaire » et la « Grande Côte d’Ivoire ».
« Vous connaissez tous la vision du chef de l’État, parce qu’avant d’arriver à cette vision de la Grande Côte d’Ivoire qui est un aboutissement, vous devez savoir qu’on est passé par la Côte d’Ivoire solidaire et tout est lié. C’est cette Côte d’Ivoire solidaire qui doit permettre d’arriver à cette Grande Côte d’Ivoire », a expliqué Amadou Coulibaly.
« Des déguerpissements pour sauver des vies »
C’est sur le terrain de la protection des populations que le ministre a principalement justifié les opérations de déguerpissement menées dans différentes zones exposées aux risques.
Selon lui, ces opérations doivent être comprises comme une mesure de prévention et de protection face aux conséquences des intempéries. « C’est au nom de cette Côte d’Ivoire solidaire, qu’il y a eu des déguerpissements mais vous le savez tous, C’était des déguerpissements pour sauver des vies », a-t-il relevé.
Amadou Coulibaly s’est notamment appuyé sur le bilan de la dernière saison des pluies pour mesurer la gravité de la situation. « Nous avons donné le bilan de la dernière saison de pluie, notre pays est le pays où il y a eu le plus de morts en Afrique de l’Ouest, avec 59 décès. C’est inacceptable », a-t-il poursuivi.
Pour le porte-parole du gouvernement, cette situation impose aux pouvoirs publics de prendre des mesures, y compris lorsque celles-ci impliquent le déplacement de populations installées dans des sites considérés comme dangereux.
« Les déguerpissements répondaient aux besoins de sauver des vies ce qui est également un acte de solidarité », a-t-il insistéé.
La question de l’accompagnement des personnes déguerpies a également été abordée lors de la conférence de presse. Interrogé sur le relogement des populations qui se retrouvent encore dans ou à proximité des établissements scolaires alors que la rentrée a débuté, le porte-parole du gouvernement a reconnu la nécessité de trouver une solution.
« Nous sommes d’accord avec vous que ces personnes ne peuvent pas cohabiter avec les élèves qui ont repris les cours », a-t-il répondu.
Amadou Coulibaly a toutefois expliqué que la mise en œuvre du relogement définitif ne pouvait être immédiate, puisqu’elle implique la construction de logements.
« Pour ce qui est du relogement, ce sont des chantiers qui sont longs qui ne peuvent pas se faire en quelques semaines puisqu’il s’agit de construire des logements pour ces personnes qui ont été dégagées », a-t-il précisé.
Dans l’attente de solutions définitives, le ministère de la Solidarité devrait, selon le porte-parole du gouvernement, rechercher des sites provisoires afin de permettre aux personnes concernées de quitter les établissements scolaires et de mettre fin à leur cohabitation avec les élèves.
Marc Dossa
