Mali: Assimi Goïta fait du terrorisme d’Etat

par NORDSUD
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Un terrorisme d’État au Mali. Il faut entendre ici le terrorisme d’Etat comme le recours à des actes et méthodes terroristes «parrainés par l’Etat» malien contre un autre Etat. Les derniers développements de l’affaire des 50 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à l’aéroport de Bamako montrent qu’il y a une manipulation depuis le début. La junte au Mali a «planifié, orienté et manipulé» une simple affaire de rotation de soldats ivoiriens sur son territoire. Bamako s’est empressée d’expliquer dans un communiqué le 11 juillet que ces 47 hommes et 3 femmes étaient soupçonnés d’être des “mercenaires” entrés de façon illégale dans le pays.

Pour des personnes arrivées par avion en plein jour, les autorités maliennes soutiennent mordicus qu’il y a eu une « violation flagrante » du code pénal national. Le colonel Assimi Goïta et ses hommes accusent ces soldats ivoiriens d’atteinte « à la sûreté extérieure de l’État dont l’atteinte à l’intégrité du territoire ». Et le dossier serait même aux mains de la justice malienne. Ce qui est surprenant, c’est que la Côte d’Ivoire était à la 8ème rotation de ses soldats en raison d’un mémorandum signé en 2019 avec l’ONU. Ces militaires qui se sont relayés tous les 6 mois sont sous contrat avec une société privée, la Sahel aviation service (SAS), qui est basée à l’aéroport de Bamako. Mais les autorités maliennes entendaient faire payer au Président Alassane Ouattara sa présumée intransigeance sur le dossier des sanctions de la Cedeao imposées au Mali. A tort, le président ivoirien a été accusé par les réseaux sociaux au Mali de tenir la ligne la plus dure face à la transition malienne.

La présence de ces soldats ce 10 juillet 2022 était du pain bénit, un levier diplomatique inespéré pour faire pression sur Alassane Ouattara. Bamako se livre aujourd’hui à un honteux chantage. Alors qu’Assimi Goïta dit tenir le bon bout dans cette affaire, c’est lui qui sollicite la médiation du président togolais, Faure Gnassingbé. Ce qu’il a derrière la tête ne peut être formulé que dans un cadre formel pour en donner de la contenance.

Un ballet diplomatique a cours depuis le 18 juillet. Le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, se rendait le 19 juillet à Abidjan pour une visite de travail. Au lendemain de sa mission à Bamako. Les deux parties se sont engagées à un règlement rapide de la situation. Pour libérer les 49 militaires ivoiriens pris en otage à Bamako, selon Radio France Internationale, (RFI), le gouvernement malien demande au moins deux choses : que la Côte d’Ivoire exprime officiellement «des regrets», mais aussi que lui soit rendu «des ressortissants maliens», vivant en Côte d’Ivoire, ou simplement de passage, recherchés par la justice malienne. Un marchandage que ne saurait accepter la Côte d’Ivoire qui n’a rien à se reprocher. Ses soldats ne sont pas des «mercenaires». Et les différents communiqués du côté malien n’évoquent plus ce qualificatif pour parler des soldats ivoiriens.

La complotite

Bamako semble toujours vouloir entretenir un climat de terreur et de paranoïa pour chauffer à blanc ses soutiens, mobiliser la foule et renforcer le sentiment patriotique.

Ce n’est pas la première fois que les autorités maliennes déclarent faire l’objet d’une tentative de renversement sans en apporter les preuves. En mai, les autorités maliennes annonçaient avoir déjoué un putsch organisé par «des militaires soutenus par un Etat occidental», sans préciser lequel. En s’appuyant sur des irrégularités juridiques et techniques, la junte avait réussi à faire d’une affaire de coulisses un scandale d’Etat. En janvier 2021, Bamako avait ordonné aux Danemark de retirer ses forces spéciales du territoire, suite à un problème d’accord relatif à leur déploiement. Une rupture de protocole contribuant au déclin de la force française Takuba, que le contingent danois devait rejoindre.

Assimi Goïta fait feu de tout bois. Une conversation téléphonique non authentifiée, attribuée au président ivoirien et à l’ex-Premier ministre malien, agitait, il y a quelques mois la scène politique et judiciaire malienne. Un audio que la junte a fait fuiter le 11 février 2022 via Whatsapp était présenté comme une affaire d’Etat. Le parquet de la commune IV de Bamako avait annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour «atteinte ou tentative d’atteinte et complicités à la sûreté intérieure et extérieure du Mali». En se basant sur «une conversation téléphonique dont l’authenticité en cours de vérification entre deux hautes personnalités dont l’une est malienne», notamment Boubou Cissé, ancien Premier ministre sous Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et Alassane Ouattara, le président ivoirien.

Bakayoko Youssouf

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