Marcory: Les locataires de l’immeuble en ruine s’expliquent

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 227 vues

Accusés de refuser de partir, que deviennent les locataires de l’immeuble R+3 qui menace ruine à Marcory ? Nord Sud est allé à leur rencontre.

Situé sur le boulevard Giscard d’Estaing, au feu tricolore de l’hôtel Ibis à Marcory, l’immeuble R+3 épinglé par le ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme, est en piteux état. Fondations ébranlées, murs fissurés, le bâtiment risque de s’écrouler à tout moment. L’immeuble à 3 étages n’est plus qu’un colosse aux pieds d’argile. Les riverains accusent les travaux de construction d’un immeuble R+9 dans le voisinage. Alors que le gratte-ciel sort de terre, ses activités auraient fragilisé les fondations du bâtiment R+3.

Ce vendredi 29 avril, lorsque nous arrivons sur les lieux, les habitants du bâtiment ont pour la plupart quitté les lieux.

Le ministère de la Construction a argué, le 27 avril dernier, dans une circulaire que les habitants refusaient de quitter l’édifice et font la sourde oreille aux notifications de mise en demeure qui leur ont été apportées. 48 h plus tard, ce 29 avril, c’est plutôt un autre son de cloche sur le terrain.

Dans l’enceinte de l’immeuble, les appartements ont pour la plupart été démunis de leurs fenêtres, portes et mobiliers. Il est quasiment impossible d’y prendre le gîte et le couvert.

Déménagement

Épaulé par le chauffeur, l’un des derniers locataires qui a requis l’anonymat, fait monter son climatiseur et son réfrigérateur dans le camion de déménagement truffé d’effets. Il se contente de battre en brèche les propos du ministère de la Construction. « Nous n’avons jamais refusé de partir. Dès qu’on nous a notifié la décision, chaque locataire a commencé à chercher un nouveau lieu d’habitation. Je suis en train de déménager comme ça« , indique-t-il, en colère. Difficile de s’entendre alors que les vrombissements des marteaux qui essaient de décoiffer l’appatame de la dalle de l’immeuble montent en décibels. Dans cette ambiance bruyante, une jeune demoiselle, la vingtaine révolue, s’apprête à arpenter les escaliers quand elle nous l’approchons. «Je viens aider quelqu’un à déménager. On ramasse les derniers effets. Si elle part maintenant, c’est parce que c’est en ce moment qu’elle a pu trouver une nouvelle habitation», répond-elle avant de passer son chemin.

Dans la foulée, le vigile nous signale que nous ne sommes plus les bienvenus dans le bâtiment. «Voyez vous-mêmes, les fenêtres ont été enlevées, personne ne peut encore habiter ici. Les ouvriers essaient de décoiffer la mezzanine de la dalle, en plus, il n’y a pratiquement plus personne, sauf les derniers déménageurs», lance-t-il avant de nous fermer l’accès au bâtiment.

À l’entrée de la bâtisse, un ex-locataire qui vient d’arriver à bord de sa voiture, entre dans le bâtiment pour emporter ses dernières affaires. «Peut-être que certains habitants ont pris un peu de temps pour trouver une maison. Nul ne peut accepter de mettre sa vie en danger, nous sommes tous responsables», relativise-t-il. Sur l’épineuse question de la remise de leurs cautions, le flou demeure entier. «Personnellement, je n’ai rien reçu. Mais ma situation est particulière et je ne sais pas pour les autres», coupe-t-il court. Pour les locataires, le casse-tête est donc de trouver à la hâte le nouveau local dans lequel ils éliront domicile. Une mission quasi-impossible à relever dans un laps de temps d’autant qu’à Abidjan, trouver une maison pour poser la tête relève de la croix et la bannière.

Les agents du ministère tirent à boulet rouge

Sur le pied de départ, nous assistons à l’arrivée d’agents du ministère de la Construction. «Les locataires ne sont pas partis dans les délais qui ont été fixés au vu de l’imminence du danger. Mais, la raison est qu’ils avaient du mal à trouver un autre local. Tout à l’heure, nous avons encore remis des courriers à cet effet. C’est donc un malentenduEn plus, il y a un immeuble derrière celui-ci qui sera également démoli pour éviter qu’il y ait des victimes collatérales», répond l’un d’entre eux.

Au sujet d’un éventuel dédommagement du propriétaire de l’immeuble R+9 qui aurait causé les fissures dans le bâtiment R+3, rien n’est encore décidé. «Les pourparlers entre les deux propriétaires ont démarré. Mais actuellement rien n’est acquis», souligne l’un des agents du ministère de la Construction.

Joint au téléphone, une source proche du ministre joue la carte de la sérénité. «Il devra y avoir une expertise pour prouver que la menace d’effondrement du R+3 est consécutif à la construction du R+9, à côté . Si c’est le cas, le propriétaire aura des recours et il y aura des arbitrages. Le ministère n’est pas incriminé parce que si tous les deux maîtres d’ouvrage ont leurs permis de construire, c’est parce que le plan d’urbanisme le permet», note-t-il.

Charles Assagba

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