Procès des pro-Soro: Jean-Baptiste Kassi enfonce ses co-accusés

par NORDSUD
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Le procès des pro-Soro  a repris ce mercredi 2 juin 2021 avec les auditions des sergents-chefs Bamba Souleymane, Dosso Seydou, Kamagaté Adama et Fofana Kouakou Konan.

Leurs propos ont essentiellement porté sur le transport des armes depuis le «bureau annexe» de l’ex-Président de l’Assemblée nationale (PAN), Guillaume Soro, à la Riviera-Golf, jusqu’à la lagune, près de son domicile à Assinie-Mafia.

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Les auditions de cette 4ème journée ont notamment servi à corroborer les propos de l’ancien commandant Jean-Baptiste Kassi Kouamé, passé à la barre le 27 mai dernier. Celui-là même qui a donné l’ordre de «détruire» les 50 kalachnikovs transportées jusqu’à la lagune, où elles seront repêchées plus tard par les limiers de l’Etat.

Le commandant

Bamba Souleymane, Kamagate Adama, Dosso Seydou et Fofana Kouakou ont tous confirmé, ce mercredi, avoir bien reçu l’ordre le 23 décembre 2019 de leur supérieur, le commandant Jean-Baptiste Kassi Kouamé, de transporter les armes. Pourquoi ? Ils l’ignorent tous ; ils n’ont pas cherché à en savoir plus.

Ils ont transporté les AK47 pour les jeter à la lagune, près de la résidence de Guillaume Soro, c’est tout.

Là où le procureur de la République, Adou Richard, va buter sur un os, c’est lorsqu’il demandera qui a choisi ce lieu exact pour jeter les armes. Les inculpés vont alors se mettre à tergiverser.

L’ordre émanait de qui ? Aucun d’eux ne veut citer leur supérieur, Jean-Baptiste Kassi Kouamé. Est-ce par pure loyauté militaire ? Adou Richard finit par s’impatienter. Il tape du poing sur la table, devant notamment Seydou Dosso, qui ne veut pas du tout répondre: « J’ai  21 ans de métier !» Mais l’accusé reste de marbre.

« Prenez les armes »

Alors, le tribunal fait à nouveau appel à Jean-Baptiste Kassi Kouamé, qui vient à la barre. « Allez dans mon bureau, prenez les armes qui sont là-bas et allez les jeter dans la lagune, à Assinie» : voici ce qu’il a dit à ses éléments.  Le tribunal lui demande de préciser. Jean-Baptiste Kassi Kouamé ajoute avoir dit, «à côté de la résidence de Guillaume Soro». Après quoi, le tribunal lui demande de se retirer.

L’autre aspect sur lequel le président du tribunal, Charles Bini, s’attardera ce mercredi, c’est le but caché derrière cette décision. Le commandant avait-il réellement l’intention de détruire les armes en les jetant à l’eau ? «Oui», à toujours répondu ce dernier.

Devant les accusés,  le procureur de la République revient sur cette préoccupation. L’eau peut-elle détruire des armes ? À part le sergent-chef Seydou Dosso qui répond par l’affirmatif, tous les autres notent en substance qu’ils n’en savent rien.  

Fofana Kouakou Konan affirme qu’il n’a fait que mettre les armes dans la voiture. Il n’est pas allé comme les autres à Assinie.

À noter que dès le début du procès, le tribunal a de nouveau rejeté la demande de liberté provisoire de la défense. Le procès reprend ce jeudi, avec les auditions.

Accusés, entre autres, de complot, d’atteinte à l’intégrité du territoire national, environ huit accusés doivent être encore entendus. Parmi eux, Koné Kamaraté Souleymane, Soro Yedjossigué Simon, Soro Porlo Rigobert doivent encore passer à la barre.

Raphaël Tanoh

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