Qui met le feu aux bus à Abidjan ?

par NORDSUD
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Un autre autobus de la Société des transports abidjanais (Sotra) a encore été brûlé ce mercredi 21 octobre 2020. L’incendie a eu très tôt ce matin au Carrefour Faya (Cocody-Riviera). Selon des témoins, ce serait l’œuvre d’un petit groupe d’individus qui a ensuite disparu, après le forfait.  Hier, 4 véhicules de transport en commun partaient en fumée, avec le même modus operandi. Les quidams surgissent tôt le matin, quand il n’y a pas grand monde dehors, ils s’en prennent à leurs cibles et se fondent dans la nature comme des ninjas. «Ils savent bien qu’en pleine journée, il y aura des gens pour leur faire obstacle», dépeint Abdoulaye Sylla, président de la Fédération nationale du syndicat des chauffeurs de Côte d’Ivoire (Fensc-CI).

Lundi dernier, ce sont deux bus qui ont été calcinés. Le 14 septembre, un autre engin de la Sotra se consumait sous les flammes, à Yopougon. Mi-août, deux de ces autobus avaient déjà été vandalisés. La direction générale de la Sotra qui se trouve devant un dilemme, avait déjà décidé de suspendre les lignes de bus dans la commune de Yopougon, après les premiers actes de vandalisme. Aujourd’hui, la structure lance des campagnes de sensibilisation, via sa page Facebook. «Tu casses le bus, tu dures à l’arrêt». Mais pas de communiqué encore.  «L’objectif, c’est d’amener la Sotra à arrêter de travailler. Ceux qui font cela veulent que nous fassions tous grève. Tous les transporteurs», ajoute Adama Yéo, porte-parole des chargeurs, également président du Groupement des chauffeurs. «Mais nous ne ferons pas grève», indique Abdoulaye Sylla, président de la Fensc-CI.

Outre la peur, le but des casseurs et des brûleurs de véhicules en transport commun, selon les acteurs du transport, est d’entraîner une paralysie du transport et donc de l’activité dans le pays. Une attitude que condamne Soumahoro Ben N’Faly, président de la Fédération des consommateurs le Réveil. «Ce qui se cache derrière ces véhicules brûlés n’est pas dans l’intérêt du pays. Nous ne voulons même pas le savoir. Les bus de la Sotra ne font pas de la politique. Les gbakas et wôrô-wôrô (véhicules de transport en commun) n’ont rien à voir avec la politique», interpelle-t-il. Pour Marius Comoé, président du Conseil national des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire (Cnoc-CI), c’est aux hommes politiques de régler la question et cela au plus vite. Sinon, craint-il, on risque d’assister à une montée de la violence.

Raphaël Tanoh

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