Dans moins d’une semaine, les Ivoiriens entament l’année 2025. Si elle a été très riche sur le plan sportif, avec l’organisation de la coupe d’Afrique des nations de football et le sacre des Eléphants, 2024 s’est révélé assez modérée sur la scène politique. Au sein du rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le politologue Landry Kuyo met cependant les projecteurs sur le ministre-gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo. « Bien sûr, le président de la République Alassane Ouattara, est hors catégorie. À côté de lui Bacongo a mené, dans un environnement difficile, des actions de redressement urbain. L’engagement n’était pas que d’assainir la ville, mais de la rendre plus sûre. Car, nous savons que la Côte d’Ivoire est, depuis quelques années, la proie de certains projets de déstabilisation », souligne M. Kuyo. Malgré les critiques et les vents contraires, à l’entendre, le ministre-gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo a maintenu son cap. C’est donc normal pour lui, qu’il soit vu comme l’un des hommes qui ont marqué 2024, auprès du Chef de l’Etat, Alassane Ouattara qui, année après année, prouve déjà l’homme de cran qu’il est.
Charles Blé Goudé
Près de ces deux hommes, les experts placent l’ancien Premier ministre Patrick Achi. La raison ? M. Kuyo la connaît. « Beaucoup le prennent mal, lorsqu’ils quittent leurs postes de ministre ou de Premier ministre. Lui, s’est bien intégré. Il a même été coopté par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale comme conseiller externe. Patrick Achi est le produit d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié », souligne-t-il.
Il n’y a pas qu’au sein du RHDP que des hommes se sont fait remarquer. Dans l’opposition, au contraire d’un Laurent Gbagbo prolixe et vindicatif, Charles Blé Goudé s’est fait voir par son stoïcisme. Mis à l’épreuve, depuis son retour au bercail en novembre 2022, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) n’a pas succombé à la belligérance, se surprenant même parfois à mener des actions en faveur de la paix. S’il lui reste encore des échelons à gravir, le « génie du Kpô » cultive déjà une certaine maturité qui promet.
Jean-Louis Billon
Et puis, il y a Jean-Louis Billon, le haut cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). L’homme qui ose s’opposer au président Tidjane Thiam. « Jean-Louis Billon a le mérité de montrer aux Ivoiriens qu’il a faim. Il y a eu des moments où il a manqué sa chance, mais il fait preuve d’opportunisme, et démontre aux Ivoiriens qu’il peut porter un projet politique », explique Landry Kuyo. Avant d’ajouter : « ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas citer Tidjane Thiam parmi les personnalités politiques de 2024. Il est réaliste : 2025 sera un ballon d’essai. L’objectif pour lui, c’est 2030. C’est cette approche pessimiste qu’il faut également louer chez lui. Mais surtout, cette volonté de rajeunir le PDCI, ce vieux parti attaché aux traditions».
Enfin, comment ne pas mentionner les forces de sécurité et de défense ? D’après Drissa Bamba, le président du Mouvement ivoirien des droits de l’homme (MIDH), ce sont eux qui rendent tout projet d’investissement possible en Côte d’Ivoire, grâce au travail acharné qu’ils mènent chaque jour sur le terrain. Les menaces de déstabilisation du pays et le danger djihadiste rôdent, à cause de l’insécurité dans la sous-région. Mais les Ivoiriens vivent à l’abri. Lors du 4ème passage de l’Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l’homme des nations unies (CDH), à Genève en novembre dernier, les 102 pays du conseil ont fait des recommandations dans plusieurs domaines, sauf en matière de sécurité. Ce qui signifie, pour M. Bamba que la Côte d’Ivoire a atteint un cap à ce niveau. « Ce que nous souhaitons, c’est une année électorale paisible pour 2025 », a indiqué Drissa Bamba.
Georges Dagou
