La Côte d’Ivoire est en proie à une série de cas de suicide. Plus de 3 cas de sauts par-dessus les balustrades des ponts, suivis de morts par noyade dans la lagune ont défrayé la chronique sur les réseaux sociaux en Juillet 2024. Au pupitre en marge du conseil des ministres de ce 1er août, le porte-parole du gouvernement a révélé que la problématique a été à l’ordre du jour du conseil du gouvernement. Le ministre de la Communication a en effet fait un tour d’horizon des raisons de cette tendance dont les proportions s’élargissent vertigineusement. « Les causes sont variées, elles partent des problèmes de famille au chagrin d’amour. Notre société évolue, il y a de plus en plus de personnes qui sont seule entre leur travail et leurs maisons. Ils vivent une forme d’isolement, tout cela a un impact. C’est l’expression d’un mal-être. Je ne pense pas que les personnes partent avec l’envie de se donner la mort mais quand c’est extrême, il est trop tard pour agir », a-t-il expliqué.
Aux nombres des facteurs en toile de fond de ces suicides, figure en outre, selon le gouvernement les impacts de la crise post-électorale. « Vous évoquez les cas de suicide, c’est vrai que c’est choquant. Pour le mois de juillet, ça fait 3 personnes. Les causes sont multiples et variées, il faut mettre cela dans le mal être global que les ivoiriens ont. Personne n’a pris la mesure du choc que nous avons connu avec la crise post-électorale. Personne n’a mesuré les blessures mentales et psychiques qui existent aujourd’hui. Nous avons parlé avec des spécialistes des maladies mentales qui restent convaincus que cette violence inouïe a laissé des traces ». Si le gouvernement a indiqué que le ministère de la santé fait de cette question, un sujet d’intérêt, Amadou Coulibaly a par ailleurs indiqué que, l’humour ivoirien, sa joie de vivre ne suffisent plus à couvrir son spleen. « Ce sont des blessures qui ne sont pas physiques. Combien d’entre nous pensent à consulter un psychologue ou un psychiatre ? Pour notre palu on préfère le tradipraticien, imaginez une blessure invisible », a-t-il relevé pour fustiger le bas taux de fréquentation des centres de santé en général et des établissements spécialisées sur la santé mentale en particulier.
Charles Assagba
