Sylla Vazoumana, porte-parole de Coordisanté : « Les gombos dans les cliniques ne sont pas interdits »

par nordsud.info
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Sylla Vazoumana est le porte-parole national de la Coordination des syndicats du secteur de la santé (COORDISANTE). Dans cet entretien, il aborde la question de la pyramide sanitaire.

C’est la nouvelle année. Comment le personnel soignant a-t-il analysé 2025 ?

Une année calme et studieuse. Il est vrai que nous aurions préféré que le décret concernant nos indemnités de sujétion sanitaire soit signé. Mais, nous espérons que cette année sera la bonne.

On a longtemps pointé du doigt le surmenage des médecins et infirmiers, ce problème persiste-t-il ?

La situation s’est améliorée. Ce n’est pas un problème de recrutement, mais de mauvaise répartition du personnel. Ce qui fait que dans certaines zones, on a peu de personnel qualifié, tandis que dans d’autres, il y en a plus. Si les ressources sont bien gérées, ce problème prendra définitivement fin.

À côté de cela, il y a la réputation des médecins et infirmiers qui est mise à mal

Nous avons un bon système de formation en Côte d’Ivoire. Les médecins de Côte d’Ivoire sont compétents. C’est en Europe qu’ils vont faire leurs formations, au même titre que les autres. Donc, le problème n’est pas lié à la qualité du personnel.

« Voici pourquoi les gens préfèrent se soigner à l’étranger »

On voit certaines personnalités aller se faire soigner hors du pays, pour des pathologies qu’on peut guérir ici

Nous savons pourquoi ils font cela. Il y a deux facteurs qui l’expliquent. Le premier, c’est qu’il y a des gens qui ne veulent pas que leur maladie se sache, alors elles préfèrent aller soigner leur mal ailleurs, pour éviter des fuites. L’autres facteur, c’est évidemment le manque d’infrastructures qui n’a pas encore été totalement comblé. Ce que nous demandons, c’est qu’on nous donne les moyens de travailler.

Le gouvernement a pourtant fait des efforts dans ce sens.

Il s’agit d’un combat de longue haleine. Il faut continuer à construire et à équiper nos centres de santé. J’insiste sur ce point, parce qu’il n’y a que comme cela qu’on pourra éviter la surcharge de nos Centres hospitaliers universitaires (CHU), où il n’y a plus de places pour les patients.

En clair, le respect de la pyramide sanitaire qui fait partie de la réforme hospitalière, est loin d’être une réalité.

Normalement, quelqu’un qui souffre d’un mal donné, doit tout d’abord se rendre dans un hôpital de proximité. Si son mal ne peut pas être soigné, alors, il se rend dans un hôpital général, puis, au CHR et enfin au CHU. Mais, les gens vont directement au CHU parce que les centres sanitaires de proximité ne sont pas équipés suffisamment. Il faut que ces centres abritent également un certain nombre de spécialités, pour éviter que tout le monde se rue vers les CHU.

Alors, à quand le respect de la pyramide sanitaire ?

Il faut savoir que nous avons pris beaucoup de retard en termes d’infrastructures. Le gap est en train d’être comblé, mais ça doit être un effort continue. La Coupe d’Afrique des nations organisée en Côte d’Ivoire, par exemple, nous a offert des centres de santé de qualité. Des centres haut de gamme. Toutefois, c’est encore insuffisant. Combien d’hôpitaux peuvent aujourd’hui faire une césarienne sans le concourt d’un CHU ?

« Les raisons pour lesquelles nos CHU sont bondés »

Les Ivoiriens aspirent à se soigner à moindre coût. Peut-on dire que la CMU marche bien ?

Au début, il y avait beaucoup de réticents, mais la population commence à y croire. Le panier de soins augmente d’année en année et nous encourageons le gouvernement à ne pas desserrer l’étau. La CMU est la meilleure réponse pour éviter que les Ivoiriens aient la peur au ventre quand ils sont malades. Partout dans le monde, aucun patient n’a le droit de payer entièrement ses frais de soins. Tout ce que nous demandons, c’est que les ressources engrangées par la CMU soient utilisées pour offrir les moyens aux centres de santé. Médicaments, intrants, infrastructures, etc. Sinon, le système va s’effondrer. Nous, le personnel soignant, sommes prêts à accompagner le gouvernement dans la réussite de la CMU.  Cette assurance atteindra sa vitesse de croisière quand la réforme hospitalière sera pleinement effective.

Cette même réforme hospitalière doit régir vos ‘‘gombos’’ dans les cliniques privées. Où en est-on ?

Ce n’est pas encore effectif. Donc, pour le moment, aucune disposition n’empêche un infirmier ou un médecin d’aller faire des ‘‘gombos’’ dans une clinique privée. Lorsque la réforme sera appliquée, une convention sera signée entre les hôpitaux et les cliniques privées, pour régir un peu tout cela. Parce que les cliniques privées sont indispensables, pour système sanitaire ivoirien.

Entretien réalisé par Georges Dagou

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