Depuis plus d’une décennie, la capitale économique ivoirienne se métamorphose à vitesse grand V. Entre infrastructures routières en puissance, embellissements et projets de réhabilitation, Abidjan rivalise aujourd’hui avec les plus grandes capitales africaines. Zoom sur une transformation en cours.
Pont Henri Konan Bédié (HKB)

Restée longtemps sclérosée par des décennies de crise, la capitale économique ivoirienne est en pleine mutation, depuis plusieurs années. C’est tout Abidjan qui est en chantier. L’un des symboles de ce changement, c’est bien le pont Henri Konan Bédié (HKB). Depuis sa livraison en décembre 2014, ce joyau a donné un autre visage à la métropole. Reliant la commune de Cocody à Marcory, avec une longueur de 1500 mètres, l’ouvrage améliore non seulement la fluidité, mais donne également une touche d’ingénierie aux infrastructures déjà existantes. Coût des travaux ? 124, 435 milliards FCFA. Un projet conclu dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) qui consiste en la conception, au financement, à la construction et à l’exploitation dudit pont à péage sur une période de 30 ans.
Echangeur de l’amitié Ivoiro-Japonaise

Difficile d’évoquer le pont HKB, sans mentionner l’échangeur de l’amitié ivoiro-japonaise, sur le boulevard Valéry Giscard d’Estaing. Les usagers venant de Treichville disposent de deux voies en hauteur, d’une longueur de 312 mètres. Ceux venant du Pont de Gaulle pour Marcory passent en hauteur, avec deux voies d’une longueur de 210 mètres. Tandis que les véhicules en provenance de Marcory et du Boulevard de Marseille, roulent sous l’échangeur. Inauguré en décembre 2019, après 3 ans de travaux, l’ouvrage a coûté 31 milliards de FCFA.
Echangeur du carrefour de la Riviera II

Mais, bien avant le pont HKB et l’échangeur l’amitié Ivoiro-Japonaise, les Ivoiriens ont connu leur premier joyau du genre avec l’échangeur du carrefour de la Riviera II. Ouverte en septembre 2014, cette passerelle architecturale a transfiguré la Riviera II, avec son passage dans le sens Ecole de Police-Bingerville, la création d’un giratoire pour assurer la circulation dans le sens Anono-Attoban et aussi l’accès au boulevard Mitterrand, etc. Des travaux qui ont coûté 6 178 350113 FCFA.
Voie express Abidjan-Grand-Bassam

Inaugurée un an après l’échangeur du carrefour de la Riviera II (le 14 septembre 2015), la voie express Abidjan-Grand-Bassam fait partie de ces réalisations qui marqueront les usagers pendant longtemps. C’est une autoroute qui force le respect de tous ceux qui entrent dans la capitale, du côté Est. Pour un coût de 71 607 137 354 FCFA, la réalisation de cette route communautaire constitue un axe majeur d’une part dans les échanges entre Abidjan et la zone sud-est du pays et d’autre part dans les échanges internationaux avec les pays frontaliers à l’Est tel que le Ghana.
Voie express Mohammed VI

5 mois plus tôt, Abidjan applaudissait la fin des travaux de la voie express Mohammed VI. Débutée en mai 2013 pour finir le 11 avril 2015, la construction de cette route a permis la jonction rapide de la ville d’Anyama à partir du district d’Abidjan et favorise ainsi son développement. Les travaux cofinancés à hauteur de 6 400 788 388 FCFA par la Banque ouest-africaine de développement (Boad) et de 1 152 141 910 F CFA par l’Etat de Côte d’Ivoire, ont consisté en l’aménagement sur 4,6 km en 2×2 voies, de le route Abobo-Anyama. Sans oublier, le bitumage sur 1 km en 2×1 voies, de la voie d’accès à l’hôpital général d’Anyama.
Boulevard Mitterrand

À l’intérieur des communes d’Abidjan, les routes ont également retrouvé de la fraîcheur. Outre, le prolongement du boulevard de France redressé jusqu’au boulevard Mitterrand pour 18,7 milliards de FCFA, la commune de Cocody a également bénéficié de l’axe CHU d’Angré-Carrefour Abatta, long de six kilomètres.
Que ce soit à Abobo, Koumassi ou au Plateau, de nombreux projets (routiers ou d’embellissement) souvent engagés en collaboration avec les élus locaux ont transformé certains quartiers d’Abidjan. La voie Samaké-Abobo gare, par exemple, a été réhabilitée et offre un paysage plus gai aux Abobolais. On ne reconnaît plus Koumassi, qui brille par ses parures, avec notamment son emblématique grand carrefour, retapé. L’amélioration des voiries dans ces quartiers entre dans le cadre du Programme national de développement routier, doté d’une enveloppe de 3.760 milliards FCFA. Et ces ouvrages ne sont que le début d’autres, qui sont annoncés.
Le stade olympique d’Ebimpé

En marge des infrastructures routières, le paysage de la capitale économique se redessine avec d’autres réalisations de marque. Parmi elles, difficile d’occulter le stade olympique d’Ebimpé. Bâti sur une superficie de 27 ha, il offre 60.000 places, avec une forme en nid d’oiseau. Inauguré le 3 octobre 2020, ce joyau a été rendu possible grâce à la coopération avec la Chine. Il devrait accueillir la cérémonie d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023 que la Côte d’Ivoire organisera. Pour un coût de près de 60 milliards FCFA, le stade olympique d’Ebimpé constitue, à n’en point douter, l’une des merveilles de la lagune Ebrié.
Projet de sauvegarde et de valorisation de la baie de Cocody

Même s’il n’est pas encore achevé, le Projet de sauvegarde et de valorisation de la baie de Cocody est très attendu. Avec la première phase des travaux, les Abidjanais constatent d’ores et déjà les effets bénéfiques de l’ouvrage. Les inondations dans la zone de l’Indenié ont baissé ; la dépollution de la lagune est visible. Et, après avoir contemplé la maquette, on attend avec impatience que ce petit paradis sorte de terre, avec son quai de promenade, son aire sportive, sa base nautique…
La Promenade de la mer de Port-Bouët

Et puis, il y a la promenade de la Mer. Inspiré de la promenade des Anglais de Nice (France) et de la Third Street Promenade de Santa Monica (Etats-Unis), ce projet est l’un des chantiers phares du gouvernement en matière de tourisme à Abidjan. Financée par l’État pour un investissement estimé à 6,7 milliards de F CFA, la première phase du projet est prête. Elle porte principalement sur l’aménagement d’un chemin piétonnier et d’une piste cyclable de 8 km chacun, le long de la plage située entre la cité universitaire de Port-Bouët (en bordure du boulevard de Petit-Bassam) et le carrefour d’Anani (sur l’autoroute vers la cité balnéaire de Grand-Bassam, au sud-est d’Abidjan). Le chantier comprend aussi la construction de quatre parkings d’une capacité totale de 900 véhicules, de commerces et de neuf postes de police. Un dispositif qui sera ensuite complété par huit postes d’observation et de secours en mer. Le point d’orgue de cette première tranche de travaux sera la réalisation d’un complexe alliant culture et commerces, sports et loisirs, tradition et écologie. Avant même d’être achevée, la promenade de la Mer de Port-Bouët donne le sourire aux voyageurs qui viennent de l’aéroport.
4ème pont

À côté des ouvrages déjà réalisés, Abidjan se prépare à accueillir de nouveaux joyaux. Le plus attendu, et non des moindres, reste le 4ème pont. Un projet pharaonique qui va damer le pion à tous les ouvrages réalisés jusque-là. Le 4ème pont prendra en compte la construction d’une voie express reliant les communes de Yopougon, Attécoubé et Adjamé sur une longueur totale de 7,2 km. Un pont qui nécessitera la réalisation de 3 échangeurs, une plateforme de péage, un pont sur la Baie du Banco d’une longueur de 1,4 km. Il y aura un viaduc sur la baie du Banco d’une longueur de 0,794 km, un échangeur ou bretelle à la traversée du boulevard de la paix, une chaussée 2×2 voies entre la fin de l’échangeur de Boribana et l’Indénié sur une longueur de 0,875 km, une trémie (tunnel) sur le boulevard Nangui Abrogoua et un aménagement du TPC (20 m) qui constituera une réservation pour le projet de transport urbain d’Abidjan (TUA2). Lancés en juillet 2018, les travaux sont prévus pour une durée de 30 mois, pour un coût de 142 milliards de francs.
Transport urbain d’Abidjan
Avec les travaux de libération des emprises, le métro d’Abidjan n’est plus qu’une question de temps. Il s’agit d’un projet de réseau ferroviaire de transport urbain, dont les travaux préparatoires ont débuté en 2018 et les travaux importants pour 2022. La ligne du métro permettra, sur environ 37 km, de desservir sept communes du district d’Abidjan. Notamment, Anyama, Abobo, Adjamé, Plateau, Treichville, Marcory et Port-Bouët. Prévu pour s’achever en 2024, le métro permettra la réalisation de voies importantes telles que le boulevard Nangui Abrogoua. Il n’impactera pas seulement la fluidité dans la capitale économique, mais également le quotidien des Ivoiriens. Une première pour la Côte d’Ivoire et qui fera d’Abidjan une ville encore plus illustre.
Le 5ème pont Plateau-Cocody
Déjà en chantier, le pont reliant le Plateau à Cocody, encore appelé 5ème pont, ne fait pas autant de bruit. Mais sa réalisation va faciliter le trajet entre les communes de Cocody, Plateau et Adjamé. Lancés en février 2019, les travaux devaient s’achever en 2021. Avec le retard pris, les autorités annoncent la fin des travaux cette année. Long de 1,5 kilomètre, l’ouvrage comprend un pont (634 m), un viaduc (260 m), deux échangeurs, leurs bretelles de liaison, les voies d’accès et l’adaptation des voies existantes. Pour un coût de 77,5 milliards FCFA.
Les échangeurs
À côté des ponts et des routes, plusieurs échangeurs sont en cours de construction ou sont annoncés, pour améliorer la fluidité au sein de la capitale économique. La plupart de ces projets vont transformer les quartiers dans lesquels ils sont prévus. L’Echangeur du rond-point de la mairie d’Abobo, dont les travaux ont débuté, sera un tronçon allant du carrefour Anador à celui de la gendarmerie. Les travaux sont prévus pour durer 36 mois. La commune qui sera toutefois pourvue d’ouvrages de ce type, c’est Cocody. Un échangeur est prévu au niveau de l’École nationale de police. Il commencera à hauteur de l’école de gendarmerie et passe par le «carrefour CHU». Sa longueur est de 170 mètres pour une largeur 20,6 mètres.
Les travaux n’ont pas encore démarré. Ensuite, vient l’échangeur de la Riviera 3, qui présente les mêmes caractéristiques que le précédent. Mais, avec une longueur de 221 mètres. Il débutera depuis le carrefour Cap Nord pour se mêler au troisième échangeur, qui passe par le carrefour de la Riviera palmeraie plus connu sous l’appellation ‘’Après barrage’’. Il est aussi prévu un échangeur à la Riviera palmeraie, avecune longueur de 266 mètres.
La date de clôture de ce projet de construction des trois échangeurs est fixée à fin 2022. La réalisation de ces ouvrages s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des performances du secteur routier de la Côte d’Ivoire et singulièrement dans l’effectivité du Projet transport urbain d’Abidjan (PTUA). À côté de cela, il y aura un échangeur au «carrefour Faya», qui abritera un giratoire d’une aire d’environ 5672 m2. Les travaux sont financés par l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) à hauteur de 80 684 millions FCFA et l’Etat de Côte d’Ivoire à hauteur de 39 268 millions FCA.
Yopougon abritera aussi des échangeurs. Il y en aura un au carrefour Sable, qui sera construitdans le cadre de l’élargissement de l’axe Sable-Siporex-Carrefour CHU-Gesco. Il faut ajouter à ces échangeurs, celui du carrefour Akwaba” de Port-Bouët. Sans oublier l’échangeur au carrefour Macaci, à Adjamé. Et l’Echangeur au carrefour Williamsville.Ce dernier coûtera environ 170, 876 milliards de francs CFA à l’Etat ivoirien. Les travaux de ces échangeurs n’ont pas encore débuté.
Les autoroutes à venir
De nombreuses voies importantes sont également à venir pour transformer toute la périphérie d’Abidjan. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Equipement et de l’entretien routier, Amédé Kouakou, a procédé en juin 2021, au lancement des travaux de renforcement et d’élargissement de la liaison «carrefour sable» – route de Dabou sur un linéaire total d’environ 6 km. D’un coût de 11,5 milliards Fcfa, ce projet s’exécutera sur un délai de 10 mois. Une fois achevée, cette voie donnera fière allure à cette zone encline aux nombreux bouchons. Parcellement à ces grands travaux, le président de la République a lancé en octobre dernier, le chantier d’élargissement de la route de la prison civile d’Abidjan. Le démarrage des travaux, qui doivent s’étaler sur une période de 17 mois pour un coût global de 770 millions d’euros, est également attendu par les Ivoiriens.
Ensuite, il y a la voie de contournement de la ville d’Abidjan (Y4).

Un projet qui vise à éviter les embouteillages dans le Centre-ville de la capitale économique ivoirienne. La voie de contournement Y4, d’un coût de 87 milliards de FCFA et prévue pour être livrée en juin 2022, offre également la possibilité d’aller d’une zone urbaine à une autre sans forcément passer par le cœur d’Abidjan. Les travaux consistent en la réalisation d’une autoroute en 2×2 voies, de la construction d’un viaduc en béton, de deux clôtures de protection le long de la voie autoroutière et de l’éclairage sur 26 km du projet. La réalisation de cette infrastructure s’inscrit dans le cadre du Projet de transport urbain d’Abidjan (Ptua). L’autoroute de contournement de la ville d’Abidjan vise également à améliorer la fluidité urbaine à Abidjan et alentours, a poursuivi le chef du gouvernement, Patrick Achi. En venant de l’Est, de l’Ouest ou du Centre du pays, plus besoin de rentrer dans Abidjan.
Les projets innovants
Abidjan attend également d’autres projets dont la réalisation achèvera de grandir la ville. Parmi ces projets, il y a la construction de la bibliothèque de la renaissance africaine de 14 étages. D’un coût estimé à 49 milliards FCFA, cette merveille sera bâtie sur l’actuel emplacement de la Deco au Plateau. Et puis, il y a la tour Actis. Le fonds d’investissement britannique Actis, le plus important fonds d’investissement immobilier en Afrique subsaharienne, a lancé en juillet 2018 ce projet de centre d’affaires, un joyau architectural dénommée «Renaissance Tower». L’infrastructure sera bâtie en plein cœur de ce quartier d’affaires, sur le site de l’ancien marché baptisé «Renaissance Plaza» pour un coût de 40 milliards FCFA.
Sans oublier la construction d’un centre commercial à la Sorbonne, d’un montant de 86 milliards de FCFA. Ce projet se réalisera sur une durée de 24 mois, dont un hôtel 5 étoiles. De même, le tout premier hôtel Hilton sera élevé à l’actuelle place de l’agence AIP. Sans oublier, la construction de la Tour F, la plus haute d’Afrique, Prouesse architecturale. La Tour F représentera l’immeuble le plus haut d’Afrique, 64 étages pour 283 mètres. Une prouesse architecturale avec une géométrie symétrique, à l’image d’un masque africain. L’édifice est destiné à accueillir des services administratifs et des bureaux. Il comprend notamment un auditorium de 200 places. Le coût de cette tour s’élève à 250 milliards FCFA. Lancés en octobre 2020, les travaux sont prévus pour durer 24 mois. À côté de cela, il y a l’Aérocité, la ville nouvelle à construire dans les environs de l’aéroport international d’Abidjan. En outre, le gouvernement a débloqué 1,5 milliard FCFA pour l’embellissement d’une quarantaine de grands carrefours et échangeurs de la ville ainsi que pour la plantation d’arbres en bordure des grandes artères.
Raphaël Tanoh
