60 ans après : pourquoi la Côte d’Ivoire peut continuer de compter sur la BAD

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 77 vues

Une relation historique entre la Côte d’Ivoire et la Banque africaine de développement

La Banque africaine de développement (BAD) partage avec ses homologues internationaux, comme la Banque mondiale (BM) à Washington D.C., la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à Londres, la Banque asiatique de développement (BAD) à Manille et la Banque interaméricaine de développement (BID) à Washington D.C., un lien fort avec leur pays d’accueil. En Afrique, ce lien est particulièrement significatif avec la Côte d’Ivoire, où le siège de la BAD est établi depuis plus de 60 ans. Flashback sur une histoire ; une histoire particulière d’hier à demain en passant par aujourd’hui.

« La Côte d’Ivoire est particulièrement liée à la Banque Africaine de Développement, non seulement en tant que pays membre fondateur, mais aussi en tant que pays hôte », a déclaré le président Alassane Ouattara, le 10 septembre 2024, à l’occasion du 60ᵉ anniversaire de la BAD.

Une histoire

C’était il y a 60 ans. La Côte d’Ivoire indépendante avait 4 ans, lorsque l’acte de naissance de la Banque africaine de développement a été signé le 4 août 1963 à Khartoum, en présence du président Félix Houphouët-Boigny et de ses 22 pairs, tous issus de pays africains nouvellement indépendants. Dans les annales de la banque de développement et de financement de projets transformateurs pour les économies africaines, le père fondateur de la nation ivoirienne ainsi que son pays, la Côte d’Ivoire, tiennent de belles pages d’histoire.

« Le premier président de Côte d’Ivoire a joué un rôle clef dans la fondation de la Banque et la promotion de l’intégration régionale », dévoile le site de la BAD à propos de sa création.

En 1965, la BAD commence ses activités avec une équipe de 10 personnes et un capital de 250 millions de dollars US, soit environ 125 milliards F CFA. L’institution s’installe provisoirement dans les locaux de l’Assemblée nationale ivoirienne, de l’immeuble Nour Al Hayat, et de la CAISTAB au Plateau. Cinq ans plus tard, elle s’installe à la rue Anoma, dans le quartier des affaires d’Abidjan.

La crise des années 2000, un invité indésirable de l’histoire, écourte le séjour de la BAD en Côte d’Ivoire. Temporairement, l’institution s’établit à Tunis en 2003, avant son retour au bercail en 2014, après 11 années d’absence.

« Le choix d’Abidjan comme siège de l’institution est le fruit d’une campagne active menée par notre premier Président, le Président Félix Houphouët-Boigny, avec le soutien de la quasi-totalité des pays de l’Afrique de l’Ouest et des autres pays francophones d’Afrique Centrale », a rappelé le chef de l’État ivoirien.

Un partenariat économique en fulgurante ascension

À l’instar de Félix Houphouët-Boigny, Alassane Ouattara a été un acteur de poids du retour de la BAD en Côte d’Ivoire, porté par sa politique de stabilisation et de relance économique. Depuis cette relocalisation, les relations économiques entre la Côte d’Ivoire et la BAD se sont intensifiées.

« Je me félicite du soutien de la Banque au développement de la Côte d’Ivoire, qui s’est considérablement intensifié, en passant de 460 millions de dollars US en 2015 à 3,1 milliards de dollars US en 2023 », s’est réjoui le président Ouattara.

En neuf ans, la Côte d’Ivoire a donc reçu 2,6 milliards de dollars supplémentaires, soit une hausse de 574 % comparée à la période 1964-2015. En valeur, le soutien est passé de 276 à 1 860 milliards de F CFA. La BAD a financé 105 projets dans le pays, dont 56 depuis 2011, année d’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir.

La Côte d’Ivoire, un talisman pour la BAD

Dans son allocution, le chef de l’État a mis en avant les performances de la BAD en matière de notation financière et de transparence, depuis son retour en Côte d’Ivoire.

« La Banque africaine de développement a aussi maintenu sa note de crédit triple ‘’A’’ et a été désignée meilleure institution financière multilatérale au monde en 2021 », a-t-il souligné.

C’est à Abidjan, le 31 octobre 2019, que la BAD a connu une augmentation historique de capital : de 93 à 208 milliards de dollars. Et c’est après son retour que l’institution est passée de la 8ᵉ à la 1ʳᵉ place au classement de l’ONG Publish What You Fund en 2022 et 2024, avec un score de 98,8/100, devant même la Banque mondiale.

D’Adesina à Tah, les paris gagnants de Ouattara

Derrière les deux derniers présidents de la BAD, on retrouve le lobbying discret mais influent du président ivoirien.

« Il a quasiment été un directeur de campagne, un acteur-clé de la victoire de Sidi Ould Tah », confie un proche du palais présidentiel.

Reçu en audience le soir de son élection, le nouveau président de la BAD a personnellement remercié Alassane Ouattara. Pour l’économiste Séraphin Prao, un enjeu de taille se profile :

« C’est le principe de la réciprocité qui devrait prévaloir, mais tout dépend de comment le président de la BAD comprend le soutien du président ivoirien. S’il le conçoit comme le soutien de la Côte d’Ivoire, alors peu importe ce qui pourrait arriver lors de la présidentielle de 2025 en termes d’identité du nouveau président, cette réciprocité sera appliquée. En revanche, s’il le considère comme le soutien personnel du chef de l’État, ce serait moins profitable pour la Côte d’Ivoire, dans le scénario où il advenait que le président Ouattara n’était plus en place après l’élection de 2025 », analyse-t-il.

Charles Assagba

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