Au terme des discussions avec les dirigeants du G5 Sahel, ce vendredi 9 juillet, le numéro un de l’Elysée, Emmanuel Macron a annoncé l’agenda, les modalités pratiques et les enjeux de la reconfiguration annoncée le 10 juin dernier de la présence militaire française au sahel.
Prévu pour débuter ‘’dès les prochaines semaines‘’, le changement de paradigme de la coopération militaire franco-sahélienne débouchera in fine sur la limitation de la présence militaire française à un contingent allant de 2500 à 3000 hommes, la fermeture de plusieurs bases militaires françaises et le transfèrement du commandement opérationnel des forces françaises de Gao à Niamey.
Le patron de l’exécutif français a annoncé lors de cette conférence de presse conjointe à Paris avec le nouveau président nigérien Mohamed Bazoum, dont le pays appartient au G5 Sahel (avec la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad) que la fermeture des emprises françaises de Kidal, Tessalit et Tombouctou sera «achevée d’ici le début de l’année 2022».
Quant aux 5100 hommes de l’opération Barkhane, le chef de l’Etat prévoit de de ramener « à terme » le dispositif français dans la région « entre 2 500 et 3 000 hommes ». Dans la droite ligne de la substitution de Barkhane par la ‘task force’ européenne Takuba, le commandement opérationnel des forces françaises sera progressivement transféré du quartier général malien de la force Barkhane à Gao, à Niamey. Faisant de la capitale du Niger, le néo-centre de coordination de la nouvelle force européenne.
Cette refonte globale de la présence militaire française au sahel s’articule, selon le président francais, autour de «la neutralisation et la désorganisation du haut commandement des deux organisations ennemies», Al-Qaida et le groupe état islamique (EI), ainsi que «l’appui à la montée en puissance des armées de la région». Une nouvelle ligne de mire consubstantielle à «la pression exercée par les groupes terroristes dans les zones se situant à la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire».
A en croire Emmanuel Macron, «cette offensive présage malheureusement d’une pression renforcée sur l’ensemble des pays du golfe de Guinée, qui est d’ores et déjà une réalité».
Charles Assagba
