Saïf al-Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été assassiné le mardi 3 février, dans l’ouest de la Libye, par des hommes armés non identifiés. L’attaque s’est produite dans l’après-midi, à Zenten, à son domicile, selon les déclarations de son avocat français, Me Marcel Ceccaldi.
« Il a été tué dans sa maison par un commando de quatre personnes », a précisé son avocat, ajoutant que les assaillants auraient neutralisé les dispositifs de surveillance avant de passer à l’acte.
Longtemps perçu comme le potentiel successeur de son père, Saïf al-Islam Kadhafi était diplômé en architecture et en économie. Il s’était particulièrement investi dans la diplomatie et les actions humanitaires, notamment à travers la Fondation internationale Kadhafi pour la charité et le développement. Au sein du régime, il s’était forgé une image de réformateur et de modéré.
Toutefois, cette réputation s’était effondrée au début de la rébellion de 2011, lorsqu’il avait tenu des propos menaçants promettant des « bains de sang » aux opposants. Par la suite, il avait été recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité.
Selon son conseiller Abdullah Othman Abdurrahim, cité par la chaîne Libya al-Ahrar, « quatre hommes ont pris d’assaut sa résidence après avoir neutralisé les caméras de surveillance, avant de l’exécuter ».
Pour l’heure, l’identité des assaillants reste inconnue. « On ne sait pas encore qui sont ces hommes armés », a indiqué Me Ceccaldi, qui affirme avoir été en contact avec son client environ trois semaines avant le drame.
L’avocat a également révélé que des inquiétudes avaient été exprimées récemment concernant sa sécurité. « Le chef de la tribu avait même proposé de lui envoyer des hommes pour assurer sa protection, mais Saïf avait refusé », a-t-il confié.
Jusqu’à l’annonce officielle de sa mort, son lieu de résidence restait incertain. « Il bougeait souvent », a confirmé son conseil.
L’ex-porte-parole du régime Kadhafi, Moussa Ibrahim, a vivement réagi à cette disparition, dénonçant un acte « perfide ». « Il voulait une Libye unie et souveraine, sûre pour tous ses habitants. Ils ont assassiné l’espoir et l’avenir, et semé la haine et le ressentiment », a-t-il écrit sur le réseau social X, affirmant lui avoir parlé deux jours auparavant.
Cet assassinat intervient dans un contexte de profonde instabilité politique en Libye. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays peine à retrouver son unité. Deux autorités rivales se disputent toujours le pouvoir : le Gouvernement d’unité nationale (GNU), basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif installé à Benghazi, sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar et de ses fils, qui ont renforcé leur présence militaire dans le sud du pays.
MD, avec BBC
