La prise en compte des pré-collecteurs d’ordures n’a toujours pas été réglée dans de nombreuses communes d’Abidjan.
À quelques mois de la fin du contrat d’Ecoti SA et d’Eco Eburnie, plusieurs rencontres ont déjà eu lieu entre les deux structures de gestion des ordures ménagères et l’État. Prévue pour s’achever le 15 janvier prochain, selon une source au ministère de l’Hydraulique, de la salubrité et de l’assainissement, la collaboration avec les deux géants sera reconduite.
Intégration des pré-collecteurs
« Il y a eu une revue annuelle de ce qui a été fait depuis 7 ans et les corrections à y apporter », souligne notre interlocuteur.
Il n’y aura pas d’appel d’offres. Leur bilan a été jugé satisfaisant. Mais, alors que l’on tend vers un nouveau cycle, une situation qui est restée jusque-là problématique refait surface : l’intégration des pré-collecteurs d’ordures dans le système.
D’après Armel Touali Barthe, président de la Fédération des pré-collecteurs et prestataires de services urbains de Côte d’Ivoire, au niveau d’Eco Eburnie, cette question a été réglée.
Les pré-collecteurs d’ordures d’Adjamé, Yopougon, Songon, Treichville, Marcory, Koumassi et Port-Bouët, sont payés par mois, proportionnellement aux tonnes d’ordures qu’ils dégagent. Or, ce n’est pas encore le cas pour Ecoti SA, au dire d’Armel Touali Barthe. Malgré les nombreuses rencontres avec l’opérateur, les pré-collecteurs disent avoir été laissés pour compte.
Quasiment jetés aux ordures. Il s’agit des zones de Bingerville, Abobo, Cocody, Anyama et Plateau.

« Rien qu’à Cocody, nous sommes 3000 pré-collecteurs concernés », indique Hamed Soro, un responsable de la pré-collecte au Plateau-Dokui.
Pourquoi les choses traînent à ce niveau ?
« Il y a deux sous-traitants qui s’occupent de la pré-collecte, avec qui Eco Eburnie travaille. Ce sont ces deux structures qui ont intégré les pré-collecteurs de leurs zones dans le système. Au niveau d’Ecoti SA, il y a un refus. On ne veut pas les intégrer. Leurs pré-collecteurs sont dans la précarité », souligne Armel Touali Barthe.
3,6 millions FCFA par mois
Hamed Soro, qui fait partie de ce lot, note que pour les maintenir, Ecoti SA verse aux pré-collecteurs de Cocody 3,6 millions FCFA par mois. Or, ce sont 3000 travailleurs.
« Pour survivre, nous sommes obligés de demander aux ménages de payer », explique M. Soro.
Mais beaucoup de ménages refusent. La zone de Cocody comporte 35 sites, soit deux bacs par site. S’ils sont intégrés dans le système, les pré-collecteurs seront payés par tonnage tout comme le fait Eco Eburnie, à raison de 1 225 FCFA/tonne. Une somme considérable, quand on sait le nombre d’ordures qu’ils gèrent par semaine.
À Ecoti SA, une source qui a requis l’anonymat explique qu’il y a déjà trois structures légalement constituées qui s’occupent de la pré-collecte des ordures dans leurs zones.
Dans leur cahier de charges, ajoute notre source, l’État ne leur a pas demandé de prendre en compte les pré-collecteurs.
Armel Touali Barthe informe que de nombreux pré-collecteurs d’ordures ont perdu leurs emplois à cause de cette situation. La gestion des ordures ménagères rapporte environ 4,5 milliards FCFA aux acteurs.
Raphaël Tanoh
