A deux mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre prochain, la psychose d’un scrutin encore émaillé de violence se renfonce, dans un climat de crispation politique. Ce samedi 16 août 2025, l’ancien président Laurent Gbagbo, désormais leader du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPACI), a tenu un discours musclé lors d’un meeting à la Place Ficgayo de Yopougon, s’attaquant frontalement au chef de l’Etat, Alassane Ouattara et à sa candidature pour un quatrième mandat.
Radié de la liste électorale, au même titre que Tidjane Thiam (PDCI) et Guillaume Soro, l’ex-chef de l’Etat a accusé son successeur d’avoir verrouillé le jeu politique pour s’éterniser au pouvoir.
« Quand on finit son travail, on s’en va. Allez lui dire qu’il a fini son travail. Il ne fera pas de 4e mandat », a martelé Laurent Gbagbo, avant d’ajouter :
« Comme il veut faire un 4e mandat, il a écarté Gbagbo, il a écarté Thiam, il a écarté Soro. Il ne faut pas rêver. Qui l’a blagué comme ça ? Le 3e mandat est déjà illégal. Comme il a commencé, qu’il le finisse. Mais il ne faut pas rêver. »
Au-delà de la critique politique, ses propos ont pris, comme ces derniers mois, une tournure plus inquiétante lorsqu’il a promis une riposte de rue face aux manifestations qui seraient en préparation, en faveur de Ouattara.
« S’ils marchent à Abobo, nous allons marcher à Yopougon ; s’ils marchent au Plateau, nous allons marcher à Marcory », a averti l’ancien président, laissant planer la menace de confrontations dans les rues d’Abidjan.
Bien qu’il ait appelé ses partisans à bannir les slogans ethnicistes, ce discours guerrier, tenu par une figure politique de son envergure, fait craindre une résurgence des tensions communautaires et des violences qui ont marqué les précédentes crises électorales.
Ancien allié du leader du PPACI, Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession, a pourtant multiplié les appels à la responsabilité. Le 6 août dernier, à la veille de la fête de l’Indépendance, il assurait que :
« Toutes les mesures ont été prises pour garantir un scrutin apaisé, sécurisé et démocratique »,
invitant l’ensemble des acteurs politiques à préserver les acquis du pays.
Mais alors que le pouvoir affiche sa volonté d’organiser un scrutin apaisé, la rhétorique incendiaire de Laurent Gbagbo rappelle combien le moindre dérapage pourrait fragiliser la paix civile. À mesure que l’échéance électorale approche, la Côte d’Ivoire se retrouve à nouveau suspendue entre l’espoir d’une élection apaisée et la crainte d’un retour aux violences politiques, alimentée par les discours guerriers de l’opposition.
MD
