La Côte d’Ivoire a ratifié, ce 30 octobre, à l’occasion du Conseil des Ministres, le traité relatif à la création du corridor de transport Praia-Dakar-Abidjan.
La Côte d’Ivoire s’inscrit dans un projet qui pourrait révolutionner la mobilité et les relations économiques au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). C’est un pas important quant à la mise en œuvre de la libre circulation des biens et des personnes et de l’intégration économique, qu’ambitionne la CEDEAO depuis sa création, en 1975.
Avec un réseau de 3 164 km, dont 600 km de connexions maritimes, le corridor multimodal Praïa-Dakar-Abidjan vise à fluidifier les échanges entre huit pays : le Sénégal, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, le Liberia, et la Côte d’Ivoire. Ce projet ne se limite pas à relier des infrastructures entre les différents pays. Il pose les bases d’une meilleure intégration régionale au sein d’un espace communautaire, la CEDEAO qui pèse plus de 700 milliards de dollars.
Ce que gagne notre pays
La Côte d’Ivoire, en particulier, bénéficiera de cette infrastructure avec une section de 790 km reliant la frontière libérienne à Abidjan. Ce tracé passera par des villes importantes comme Toulepleu, Guiglo et Yamoussoukro. L’objectif est clair : favoriser la libre circulation des biens et des personnes, réduire les coûts de transport et stimuler les économies locales. Le projet est également conçu pour attirer des investissements étrangers, en modernisant les infrastructures de transport, tout en renforçant la connectivité régionale. Cet axe Praïa-Dakar-Abidjan sera relié à la commune de Bingerville. Une localité stratégique qui est également le lieu de connexion d’un autre projet d’envergure, le Corridor autoroutier Abidjan-Lagos. Cette liaison routière stratégique de 1 050 km reliera la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria, des pays représentant environ 75 % des échanges intra-CEDEAO. Ce corridor, dont l’investissement est estimé à 15 milliards de dollars, est un autre axe majeur de l’intégration économique de la région.
Des retombées économiques attendues
Ces projets présentent des enjeux économiques de taille. Ils devraient faciliter l’intégration régionale, réduire les barrières au commerce et favoriser l’accès aux marchés internationaux. En développant de telles infrastructures, la région ouest-africaine espère augmenter sa compétitivité sur la scène mondiale et améliorer la qualité de vie de ses citoyens, en réduisant les inégalités et en améliorant l’accès aux opportunités économiques. Ces corridors représentent des axes clés pour le développement durable et l’avenir de la région. Les défis demeurent : l’harmonisation des tarifs douaniers, la création d’un marché sous régional, la création de l’éco et l’imbrication de ces projets à la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF) qui porte l’ambition de l’intégration économique à l’échelle africaine.
Charles ASSAGBA
