Le 13 septembre dernier à Bouaflé, la ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Mariatou Koné, a procédé au lancement de la distribution gratuite de 5 162 730 kits scolaires. Pour les acteurs du système, le même problème demeure. La disponibilité de ces ouvrages à temps et le ‘‘ciblage’’ de la distribution. Avec 5 millions de kits pour moins de 5 millions d’élèves, préscolaire et primaire compris, tout le monde devait pouvoir en avoir. Or, ce n’est pas le cas.
«La semaine prochaine, nous serons à la fin du mois. Pourtant beaucoup de parents au primaire n’ont pas encore leurs ouvrages scolaires. Ils sont obligés de payer les fournitures de leurs enfants. Quand les kits arrivent, ils n’en ont plus besoin», déplore Edouard Aka, président de l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Unapeeci).
Intermédiaires
Pour changer les choses, la ministre Mariatou Koné a insisté pour que les directeurs d’écoles distribuent ces ouvrages dans un délai raisonnable, à tous les élèves du primaire public sur l’ensemble du territoire national. «N’attendez pas la fin de l’année. Les enfants en ont besoin dès la rentrée des classes», indiquait Prof. Mariatou Koné à Bouaké.
Pour Kadio Claude, le processus est lent et lourd, parce qu’il faut dispatcher ces ouvrages dans les différentes directions régionales, les mettre à la disposition des directeurs d’écoles, avant de les distribuer. Trop d’intermédiaires, selon le président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci), qui préconise que l’on débute cette opération beaucoup plus tôt.
Bilan
«La distribution doit commencer avant la rentrée scolaire, si on veut que les élèves aient ces kits rapidement», note Kadio Claude. Qui ajoute : «On ne va pas attendre ces kits. Au bout d’un moment, le parent est obligé de mettre la main à la poche. Et, de toute façon, ces kits sont seulement un accompagnement». Leur contenu ne dispense pas, en effet, les parents de fournitures. Composés auparavant de matériels géométriques, de stylos et de cahiers, ces dons sont constitués maintenant de livres. Depuis 2011, ce sont 34 349 626 kits scolaires qui ont été distribués. Peut-être, serait-il temps de faire un bilan chaque année des véritables destinations que prennent parfois ces ouvrages.
Raphaël Tanoh
