Ecole: Pourquoi les jeunes filles continuent de tomber enceinte?

par NORDSUD
Publié: Dernière mise à jour le 192 vues

C’est une anecdote assez marquante. En 2015, Gervais Koussou, alors à la tête d’un comité de lutte contre les grossesses scolaires, explique qu’après avoir formé les jeunes filles élèves qui étaient sous leur coupole, ils ont monté un scénario. Ils ont proposé 15.000 FCFA à celui qui parviendra à en draguer une seule. Tous les prétendants ont fait choux blanc. L’actuel leader de la Coordination des enseignants du secondaire de Côte d’Ivoire (Cesci), chargé de la lutte contre les grossesses en milieu scolaire, raconte ces faits, pour montrer l’importance de la formation dans la lutte contre les grossesses à l’école. Mais, il insiste sur la volonté politique.

Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, le nombre de grossesses ne cesse d’augmenter. Alors qu’on en était à environ 3 000 cas, en 2015-2016, l’année dernière, ce sont plus de 5 000 cas qui ont été recensés. Au niveau de la Direction de la mutualité et des œuvres sociales en milieu scolaire (Dmoss), un fonds existe pour faire face au problème.

Avec l’aide d’ONG, des campagnes avec affiches se font, suivies d’ateliers de formation de jeunes filles leaders, chargées d’encadrer les jeunes élèves.

Mais les résultats tardent à porter. Pourquoi ?

Pour le spécialiste des questions de grossesses en milieu scolaire au sein de la Cesci, l’erreur a été de supprimer les internats dans les écoles. «Les filles y avaient les meilleurs encadrements. Elles étaient mieux suivies et jusqu’à un certain âge, on arrivait à en sauver beaucoup», fait-il savoir. Le retour des internats avec une bonne formation des jeunes filles contribuera à baisser considérablement les grossesses à l’école.

Une proposition que les parents d’élèves jugent judicieuse. Kadio Claude, président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci), souligne toutefois que cela ne suffira pas. «Aujourd’hui, beaucoup de zones sont touchées par le phénomène des grossesses en milieu scolaire. Man, Guiglo, Soubré. Il n’y a qu’au Nord où ce fléau est atténué. Il faut se demander pourquoi. C’est une question de mentalité. Plutôt que d’amener une fille à éviter la fréquentation des garçons, il faut l’amener à se protéger, à maîtriser son cycle menstruel», fait-il savoir.

Un sujet sur lequel la ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation devra se pencher.

Raphaël Tanoh

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