Grande tristesse à la Grande Mosquée du quartier d’Akouédo-Attié. Le drame de la veille laisse des fidèles et tous les habitants sans voix. Comment se remettre de cette tragédie, 8 morts, quand subsistent plus d’interrogations que de réponses claires ? Récit.
Mines déconfites, regards dans le vide. Attroupées sous une bâche de fortune, plusieurs personnes écoutent l’Imam qui transmet à tour de rôle, les condoléances des visiteurs. Juste en face d’eux, à une quinzaine de mètres, se dresse ce qui reste de la grande Mosquée de ce petit quartier Akouédo. Des sapeurs-pompiers militaires fourmillent à l’intérieur, derrière les cordons de sécurité. À l’aide d’un marteau-piqueur, certains s’acharnent sur une dalle, à la recherche de corps. Ils sont sous le commandement d’Alban Konan.
Depuis jeudi, une partie du troisième niveau de ce lieu sacré s’est effondrée sur ses fidèles, en pleine prière. La chute a fait 7 morts sur le champ. Ce matin, le commandant Alban Konan dit avoir déterré un huitième corps. Un jeune homme, comme la plupart des victimes…
Deux hommes blessés ont pu regagner leurs domiciles, après des soins. Mais tout le monde, dans ce paisible quartier reclus, est sous le choc. Une mosquée qui s’effondre sur ses fidèles, c’est tout bonnement impensable. Situé à gauche du « carrefour Faya », à quelques encablures de la voie bitumée, cette mosquée était censée donner du rayonnement à l’endroit par son architecture moderniste. Seulement, elle est encore en travaux, avec le minaret ainsi que la façade qui restent à refaire. Les victimes qui n’en reviennent pas, pensent, résignés, que c’est la volonté de Dieu. En témoigne celui qui se veut le porte-parole des victimes, l’honorable Issiaka Ouattara, député de Kong. « Ils ont trouvé la mort pendant la prière (…) », explique-t-il. « La dalle au 3ème niveau de la mosquée a lâché aux environs de 16h, pendant que les fidèles priaient. Elle est venue s’écraser sur eux. Tous ceux qui se trouvaient en dessous ont été ensevelis dans les gravas », précise le député.
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L’imam de la mosquée qui présidait la prière a été miraculeusement épargné selon les témoins de la scène. Ce, grâce à un creux qui se trouvaient sur le lieu de prière. Pendant l’effondrement, Sowodogo a eu le reflexe de se jeter dans le trou. Il sera épargné grâce à ce geste spontané, car, les gravas vont échouer à côté. Il y a eu un autre miraculeux : le muezzin de la mosquée. Selon les témoignages recueillis, après l’appel à la prière, ce dernier a eu un malaise. Ainsi, lorsque la prière débutait, il s’est excusé pour aller aux toilettes. Il aura la vie sauve…. Une partie de la Mosquée s’effondrait. Il comprendra plus tard que la dalle était tombée à l’endroit où il se serait tenu pendant la prière. Alors que les recherches sont encore en cours, plusieurs communautés, dont les chrétiens, se sont mobilisées pour venir présenter leurs condoléances aux familles.
Raphaël TANOH

Les causes probables du drame et réactions de témoins
Aux dires du commandant des opérations de recherche, Alban Konan, le drame est dû à l’effondrement d’une dalle du niveau 3 de la Mosquée, encore en construction. Mais, note-t-il, les enquêtes sont en cours pour comprendre comment et pourquoi cela a bien pu se produire. Mais d’après les personnes interrogées sur place, dont Diakité Mamoud, un fidèle de la mosquée, les ouvriers commençaient à stocker du sable sur la dalle qui s’est effondrée, parce que le minaret n’est pas encore terminé. Ce sable devait servir à achever les travaux. Ce serait le poids du sable qui a fini par provoquer la chute de la dalle. Une version encore officieuse, en attendant la fin de l’enquête.
