En quête d’un nouveau souffle

par nordsud.info
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Le 19ème Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement s’est achevé dimanche, dernier en France. Et encore une fois, sur « une note de satisfaction générale ». Comme si tout allait si bien que cela, « dans le meilleur des mondes. » Notre monde va mal. Le monde francophone est en quête d’un nouveau souffle pour mieux peser sur la marche du monde.

Que pèse aujourd’hui la francophonie dans ce monde où ont émergé de nouvelles puissances politiques, économiques et culturelles ? Réponse simple : elle pèse ce que pèse la France. Tout comme l’Europe, son influence s’est érodée à la vitesse de l’étiolement de sa puissance. Elle ne séduit plus. Sa capacité à peser sur la marche du monde s’est émoussée au fil des conflits internationaux. Face à la Russie, elle n’a pu sauver l’Ukraine francophile. Elle n’a aucune solution pour le Liban, aujourd’hui en passe de devenir l’autre champ de ruines, du fait de la folie meurtrière d’un pouvoir israélien à qui l’Histoire devra demander des comptes. Face à Israël, même l’ONU est impuissante. Le Liban a pourtant une histoire bien particulière avec la France. La France perd pied en Afrique. La naissance de l’AES en est la plus belle des illustrations.

Il fut un temps où la grande France avait une voix qui montrait la voie à l’international. Il est certain qu’elle n’a plus les moyens d’assumer son statut de puissance dominatrice. Plus personne ne craint la France dans le monde. Et le modèle francophone n’en impose plus. La France n’attire plus. Elle ne fait plus rêvée. Une certaine opinion souverainiste d’extrême droite, aujourd’hui majoritaire et aux portes du pouvoir, nous y conforte. La France qu’on a toujours aimée, nous donne de plus en plus l’impression, de déserter ses valeurs humanistes pour des idéologies aliénantes.

Quelle ambition francophone ?

Cette influence perdue, impacte négativement, le rayonnement de cette langue que nous avons en partage. Le français est en rnet ecul. Cette langue, hier si prisée, est de loin distancée par l’anglais. C’est une évidence. Elle est maintenant perçue comme le véhicule culturel d’une idéologie de rejet de l’autre et de repli sur soi. Pourtant – et c’est bien là le paradoxe -, ceux sur qui la France compte pour nourrir le renouveau de la langue française, ce sont les peuples de ces territoires colonisés, dont elle avait chosifié l’identité. Pis, elle n’a jamais suscité autant de haine contre elle qu’aujourd’hui. Le temps et les circonstances, réparent lentement mais durablement, notre handicapant « complexe du colonisé » …

Un jeune marocain préfère apprendre aujourd’hui l’anglais et l’espagnol que le français. Pourtant, le renouveau de cette langue ne passe plus par les espaces feutrés de Saint-Germain-Des- Prés à Paris, mais par les rues de Conakry, Bamako, Lomé, Cotonou ou encore d’Abidjan. Ici par exemple se parlent aujourd’hui, quatre variantes du français. Une langue que les Africains se réapproprient au quotidien, comme pour la réinventer et lui donner ce souffle de longévité qui lui manque. Comme pour sauver l’âme d’une « Mère » menacée, dépassée par la complexité des réalités de notre monde…

Ange Hermann GNANIH

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