Au regard des incertitudes liées à la politique économique de la nouvelle administration américaine, le gouvernement ivoirien ajuste ses priorités, notamment dans le secteur agricole, la filière cacao et le financement des infrastructures. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a détaillé les lignes de défense de l’exécutif ivoirien, à l’issue du conseil des ministres de ce mercredi 9 avril 2025.
L’arrivée de la nouvelle administration Trump a ravivé les débats sur les politiques protectionnistes et les risques de repli commercial. Interrogé à ce sujet lors du compte-rendu du conseil des ministres, le ministre Amadou Coulibaly s’est montré rassurant. « La Côte d’Ivoire reste vigilante mais sereine. Nous analysons les premiers signaux, mais notre stratégie reste axée sur la diversification de nos partenaires et le renforcement de notre souveraineté économique », a indiqué le porte-parole du gouvernement. La filière cacao, poumon de l’économie ivoirienne, est particulièrement concernée.
Chercher ailleurs, sans se couper de Washington
Dans un contexte de volatilité des prix mondiaux et de rapports commerciaux incertains, le gouvernement entend renforcer la transformation locale. « Nous ne voulons plus nous contenter d’être de simples fournisseurs de matières premières », a insisté Amadou Coulibaly. Quant au financement des infrastructures, l’éventuelle reconfiguration de la coopération avec les États-Unis ne semble pas inquiéter outre mesure Abidjan. Le porte-parole du gouvernement a affirmé que « d’autres puissances émergentes, en Asie et au Moyen-Orient, sont disposées à accompagner les projets structurants ivoiriens ». Toutefois, il a souligné que la Côte d’Ivoire préfère garder une posture d’ouverture, dans l’intérêt du pays.
Armand BLEDOU
