Flopy Mendoza : « Ne laissons pas le conte mourir »

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 283 vues

Flopy, de son vrai nom Florence Kouadio Affoué, est l’une des grandes conteuses Ivoiriennes connue également sur la scène internationale. Elle nous parle de l’avenir de ce métier.

Comment évolue le conte en Côte d’Ivoire ?

Le conte se porte bien. Il évolue tout doucement et sûrement, même si nous savons qu’il reste beaucoup à faire pour le positionner au même titre que la danse, le théâtre ainsi que la musique.

Y a-t-il des progrès véritables?

Oui, il y a du progrès aujourd’hui. Le conte est devenu un métier, contrairement à avant où les gens racontaient leurs histoires sans rémunération. Plusieurs jeunes s’intéressent au conte. Les filles comme les garçons. Il y a des festivals de conte qui rassemblent plusieurs personnes, et les salles de spectacles qui se remplissent. On peut dire qu’il y a du progrès, grâce à l’œuvre de nos devanciers. Le conte ne doit pas mourir.

Est-ce que les Ivoiriens s’y intéressent ?

Les Ivoiriens s’intéressent au conte. Aujourd’hui nous avons une salle de 600 places que nous pouvons remplir lors d’un spectacle de conte. Les parents nous sollicitent pour transmettre cet art à leurs enfants ;  des écoles nous invitent pour des prestations.

Quels sont les évènements autour du conte en Côte d’Ivoire ?

Nous avons par exemple, le festival « graine de conteurs » qui est un festival international à l’endroit du jeune public dont je suis l’initiatrice. Nous avons aussi  le festival international « paroles de conteurs » organisé par la comédienne et actrice Amoin de la série ivoirienne « ma famille ». Sans oublier, le festival international de « conte n’kawa n’wouman » dirigé par la conteuse Thérèse Yao à Didiévi. Et  le festival « affotouè » à Yamoussoukro, géré par Etienne Kouamé. Enfin, il y a aussi un festival de conte à Bouaflé.

Avez-vous une association pour défendre la cause des conteurs dans le pays ?

Il y a la Fédération national de Conte  raconté, qui existe. Malheureusement, elle n’est pas très active et ne mène aucune action pour défendre les causes des conteurs.

Quels sont les problèmes qui minent le secteur ?

  Nous avons des problèmes financiers pour l’organisation des festivals. Il y a également les  problèmes d’infrastructures  pour les créations, ainsi que les problèmes de mobilité.

Que faut-il faire pour y remédier ?

Il faudrait que les acteurs du conte soient unis pour porter nos doléances, et que notre ministère de tutelle nous accompagne sur certains projets du conte. C’est ensemble qu’on est fort. Un proverbe dit : « Quand on veut aller vite on va seul et quand on veut aller loin, on va ensemble. »

Qu’est-ce que le conte apporte à la culture ivoirienne ?

 Le conte apporte beaucoup à la culture ivoirienne. Il assure l’éducation des personnes  et transmet  des valeurs. Il favorise l’amélioration du langage, et l’enrichissement du vocabulaire. A travers nos interventions dans certaines écoles, nous payons des impôts.

Y a-t-il une école qui forme les conteurs ici ? 

 Non, il n’y a pas une école qui forme des conteurs. Par contre, à l’INSAAC (Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle), le conte est enseigné. Moi, j’enseigne les contes et légendes dans cet établissement.

Y a-t-il des conteurs connus, comme vous en Côte d’Ivoire ?

Oui il y a des conteurs connus, mais tout est une question de génération. Nos devanciers comme: Adama Adepoju  dit ‘´Taxi conteur’´qui est mon maître. Obin Manfei, Adou Yama, Lexis Djisso sont connus. Concernant la jeune génération, certains font leur bout de chemin. Mais, chacun a un public. Vous avez aussi Thérèse Yao, Grah Ange, Rebecca Kompaoré, etc..

Est-ce un métier qui nourrit son homme ?

Moi je peux affirmer haut et fort que le métier nourrit son homme. Je vis du conte, toutes mes réalisations l’ont été  grâce au conte.

L’Etat vous accompagne-t-il ?

Non. Pour l’instant, je n’ai reçu aucune subvention de l’Etat. Mais, je crois qu’un jour, mon pays reconnaitra mon travail.

Interview réalisée par Solange Nebie

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